L’Assemblée nationale approuve une loi pour ralentir la fast-fashion, dévastatrice pour l'environnement

Symbole de la surconsommation et de la destruction de l’environnement, la fast-fashion est dans le collimateur des députés qui ont voté à l’unanimité le 14 mars des mesures pour tenter l’enrayer. Parmi elles, l'on retrouve l'interdiction de la publicité pour les vêtements à faible durée de vie et un malus environnemental appliqué sur leur prix de vente.  

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Nouvelles fibres textiles Amplepuis
La surproduction de textile de mauvaise qualité augmente d'année en année et le taux de recyclage dans le monde ne dépasse pas 1%.

20% de la pollution des eaux dans le monde sont liés à l’industrie textile. 7 500 litres sont nécessaires pour produire un jean, soit selon l’ONU, l’équivalent de l’eau de l’eau bue par un être humain pendant sept ans… La contribution de cette industrie à la destruction de la planète (consommation en eau, pollutions diverses et près de 10% des émissions de CO2 dans l'atmosphère) ne fait que s’aggraver avec le développement de la fast-fashion. Cette surconsommation est incitée par un marketing agressif notamment sur les réseaux sociaux. Ainsi, le chinois Shein lance chaque jour plus de 7000 nouveaux modèles.

Pour tenter d’enrayer ce phénomène, sur proposition du groupe Horizon, les députés ont voté à l’unanimité, jeudi 14 mars 2024, des mesures pour interdire la publicité pour les produits à très faible durée de vie – certains ne résistent pas à plus de deux  lavages –. Les parlementaires ont aussi décidé de renforcer le bonus/malus sur les coûts environnementaux qui pourra atteindre la somme de 10 euros par vêtement en 2030, avec une limite de 50% du prix de vente. Enfin un troisième mesure consiste à obliger les enseignes de fast-fashion (magasins et sites en lignes) à sensibiliser leurs clients en mentionnant l'impact environnemental de ces achats.

Esclavage et pollution plastique

Selon, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, le texte qui doit désormais passer devant le Sénat fait de la France, «le premier pays au monde à légiférer pour limiter les dérives de l'ultra fast-fashion». Dans son discours devant les députés, ce dernier a fait référence au roman «Au bonheur des dames» pour rappeler «que contrairement à l’époque de Zola, 97% du textile que nous consommons est importé, souvent de l’autre bout du monde, et généralement produit dans des conditions sociales et environnementales désastreuses.»

En effet, cette industrie produit 37% des déchets plastiques qui polluent la planète et le taux de recyclage au niveau mondial avoisine 1%. A côté du désastre écologique de cette industrie, on ne peut omettre les conditions de travail des ouvriers et ouvrières du textile, quand il ne s’agit pas du travail forcé de prisonniers politiques.

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