Mi-septembre, des milliers d'internautes s'étaient étonnées devant la publication sur les réseaux sociaux d'une photo de Jean Castex assis seul dans le métro parisien, comme n'importe quel citoyen. L'ancien Premier ministre préparait-il déjà son avenir ? Selon le site d'informations Mobilettre, spécialiste des mobilités, l'ex-chef du gouvernement devrait bientôt être nommé PDG de la RATP. Il succéderait ainsi à Catherine Guillouard, qui avait annoncé son départ début septembre, pour raisons personnelles.
Cette reconversion dans les transports ne serait pas si surprenante. Après son départ de Matignon en mai, Jean Castex était déjà devenu en août le président de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afit), un établissement public coordonnant de grands projets aussi bien dans le secteur ferroviaire que dans le routier ou le fluvial. Passionné par les trains, l'ancien maire de Prades (Pyrénées-Orientales) aurait rencontré Emmanuel Macron le week-end du 15 octobre et lui aurait fait part de son désir de diriger la SNCF. Le poste étant actuellement occupé par Jean-Pierre Farandou, le président lui aurait ainsi plutôt proposé la RATP.
Un lien direct avec Matignon
L'homme politique, âgé de 57 ans, aurait même déjà obtenu le feu vert de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui avait d'ailleurs validé en mai l'arrivée de Jean-Baptiste Djebbari, ancien ministre chargé des Transports, au sein du conseil d'administration de la start-up Hopium. Une autorisation qui n'avait pourtant rien d'évident, car Jean Castex avait pris plusieurs décisions concernant directement l'opérateur du métro parisien durant son mandat de Premier ministre, comme la confirmation du monopole de son service de sûreté sur les lignes du Grand Paris Express. Il devra désormais être auditionné par les commissions parlementaires et le conseil des ministres, ce qui devrait n'être pour lui qu'une formalité.
De nombreux défis attendent ce diplômé de l'ENA s'il parvient effectivement à devenir PDG de la RATP. Le groupe cherche actuellement des solutions pour mettre un terme à la pénurie de conducteurs de bus qui affecte fortement son réseau. Une situation de crise qui pourrait encore être aggravée par la prochaine réforme des retraites, à laquelle de nombreux employés risquent de s'opposer, et par l'ouverture à la concurrence, prévue pour le début de l'année 2025. Jean Castex devrait néanmoins pouvoir compter sur le soutien d'une alliée de premier choix : l'actuelle Première ministre Elisabeth Borne, qui a dirigé la RATP de 2015 à 2017.



