[L’aéro-post] La lutte contre les menaces hybrides, l’autre priorité de la Loi de programmation militaire

Emmanuel Macron promet une Loi de programmation militaire ambitieuse portée par un budget record de 400 milliards d’euros. D'abord pour renforcer la dissuasion nucléaire mais aussi pour faire face aux nouvelles menaces hybrides. Parfois non étatiques, ciblant potentiellement des infrastructures civiles, elles se développent dans les nouveaux champs de conflictualité : l’espace, les fonds sous-marins, le cyberespace.

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Macron Mon de Marsan armée AFP NE PAS REUTILISER
A l'occasion de ses voeux aux armées, Emmanuel Macron a dévoilé le projet de la nouvelle Loi de programmation militaire.

La dissuasion nucléaire reste l’alpha et l’oméga de la doctrine militaire française. Emmanuel Macron l’a encore rappelé lors de son discours présentant le projet de la nouvelle Loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2024-2030 prononcé le 20 janvier dernier, depuis la base aérienne de Mont-de Marsan (Landes).  «Nous mesurons à nouveau, en analysant la guerre en Ukraine, son importance vitale ». Et donc la nécessité de la moderniser et la renforcer.

Mais la "voute nucléaire", si elle a pour objectif de dissuader n’importe quel pays de vouloir s’attaquer aux intérêts vitaux de la France, n’est pas pour autant suffisante. Les armées devront lutter de plus en plus contre des menaces d’un nouveau type, les menaces hybrides. «Ces dernières années, un certain nombre de moyens cherchant à s’en prendre à la France ne peuvent être traités par la voûte nucléaire. C’est ce qu’on appelle l’hybridité. Cela englobe les attaques cyber, la militarisation de l’espace avec souvent la difficulté d’attribuer un certain nombre d’attaques… », souligne-t-on au ministère des Armées. Tous les scénarios d’attaque sont dès lors envisagés comme des frappes de missiles dirigées contre le territoire national par des acteurs non étatiques. Les cibles ne sont plus simplement militaires. «La guerre ne se déclare plus, elle se mène à bas bruit, insidieusement, elle est hybride», justifie le président évoquant notamment le ciblage potentiel d'infrastructures d'intérêt national mais civiles.

de nouveaux moyens militaires

D’où une nouvelle organisation à construire. Dans le cas spécifique de la défense de son espace maritime (la France possède la deuxième zone économique exclusive du monde), la lutte contre les stratégies hybrides passe par une refonte du commandement inter-armées des opérations. Et également de nouveaux moyens militaires avec un arsenal adapté aux nouveaux champs de bataille. Pas étonnant, dans la même logique, que le spatial (grâce aux innovations du "newspace"), la cyber (doublement de la capacité à traiter les cyberattaques), les fonds sous-marins (développement d’une filière souveraine de drones capables de plonger  à 6000 m de profondeur) ou bien encore les armes à énergie dirigée, occupent une place non négligeable dans la future loi de programmation militaire.

Il ne s’agira pas d’une LPM de réparation, mais d’une LPM de transformation, comme dans les années 60, insiste-t-on dans l’entourage du ministre de la Défense. La réponse aux menaces hybrides, ajoutée au renseignement et à la défense sol-air de nouvelle génération, représente plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissement entre 2024 et 2030. Les efforts de financement pour la dissuasion nucléaire et pour la lutte contre les menaces hybrides ne sont pas en compétition : par l’exigence qu’elle suppose sur le plan technologique, la dissuasion tire vers le haut toutes les armées conventionnelles qui y contribuent.

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