Son cours s’est envolé de 40% dès l’ouverture de la Bourse. Vendredi 17 décembre, le laboratoire biotechnologique lillois Genfit a conclu un accord de licence exclusif avec le laboratoire français Ipsen pour développer un de ses médicaments, l’élafibranor, un traitement expérimental destiné aux personnes atteintes de cholangite biliaire primitive, une maladie auto-immune du foie. Dans le même temps, Ipsen devient un des premiers actionnaires de Genfit à hauteur de 8% du capital, via un investissement de 28 millions d'euros.
« Nous avons toujours envisagé de construire l’infrastructure nécessaire pour aller sur le marché, mais cela était plus risqué qu’un partenariat, très coûteux et ne garantissait pas d’être compétitif sur le plan commercial », a exposé lors d’une conférence de presse Pascal Prigent, directeur général de Genfit, pour justifier l’accord avec Ipsen. L’élafibranor est actuellement en phase III, soit la dernière phase de développement clinique, pour de premiers résultats attendus « vers le premier trimestre 2023 », selon Pascal Prigent.
Genfit s'attaque aux maladies du foie
Ipsen sera responsable du développement clinique à venir du médicament, ce qui permettra à Genfit de dégager de la trésorerie pour investir. L’élafibranor pourra être commercialisé dans le monde entier à l’exception de la Chine, Macao, Hong Kong et Taïwan, où un autre groupe possède déjà les droits. En contrepartie, Ipsen versera à Genfit 120 millions d’euros en guise de premier versement – « quasiment le double de notre cotation actuelle en Bourse », souligne Pascal Prigent – puis 360 millions d’euros en différents paiements d’étape, ainsi que des royalties sur les ventes du médicament.
Genfit compte également investir dans sa R&D, notamment l’ACLF (Acute on Chronic Liver Failure), une décompensation aiguë de la cirrhose du foie, et les maladies cholestatiques, liées elles aussi au foie. Ce sont ces objectifs qui expliquent la deuxième annonce de l’entreprise : l’acquisition de la molécule GNS561, développée par la biotech française Genosciences Pharma, qui a déjà passé un premier test clinique et permet de lutter contre le cholangiocarcinome, un cancer des voies biliaires. « Notre regard se porte sur les maladies où les besoins médicaux largement insatisfaits », explique le directeur général de Genfit.
La société entre également au capital de Génosciences à hauteur de 3 millions d’euros « pour investir dans la découverte de nouvelles molécules innovantes ». Genfit termine ainsi l’année en beauté après un quatrième trimestre 2020 où la biotech avait dû renégocier sa dette, réduire ses dépenses et sabrer dans ses effectifs. « Nous avions commencé l’année par une manœuvre défensive et nous la terminons par une manœuvre offensive », s’est réjoui Pascal Prigent.



