Filiale d’ArcelorMittal spécialisée dans les aciers spéciaux, Industeel (315 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022) a officialisé son projet de coulée continue verticale pour lequel le site du Creusot (Saône-et-Loire) engage un investissement de 52 millions d’euros. Confirmé en juillet après une analyse lancée en avril dernier, le projet prend désormais forme avec le passage de premières commandes. Une demande de financement auprès de France 2030 est en cours pour soutenir ce projet.
«Nous allons installer un nouveau procédé de coulée, plus efficace, pour remplacer en partie la coulée en lingots», explique Cédric Chauvy, directeur d’Industeel au Creusot. Pour mettre en place son nouvel équipement, l’industriel va construire un nouveau bâtiment de production dont les travaux devraient être entamés début 2024, pour une première coulée attendue en mai 2025. Le reste de l’enveloppe portera sur la machine, les installations nécessaires de maintenance, de haute tension ou encore de flux.
Du lingot à la verticalité
Le process de coulée verticale s’inscrira en complémentarité du procédé de coulée en lingots, réduisant le recours aux moules en fonte et aux fours. «Le procédé se veut plus efficace, plus rapide, nous permettant de gagner en délai, insiste Cédric Chauvy. Il va également améliorer la qualité de la métallurgie, générer moins de déchets métalliques tout en renforçant notre efficacité énergétique.»
Le site Industeel prévoit de réduire de 6 000 tonnes sa production de CO2 annuelle, soit 10% des émissions du site du Creusot, grâce au nouveau procédé. «On consomme moins d’énergie en supprimant certaines étapes du procédé de fabrication», souligne Sandra Le Manchet, responsable du centre de recherche Industeel au Creusot. L'investissement s’inscrit ainsi dans la feuille de route de neutralité carbone que se fixe l’entreprise d’ici 2050.
Renforcer ses positions et s’ouvrir de nouveaux marchés
La coulée continue verticale interviendra dans la fabrication de tôles fines de quelques millimètres d’épaisseur. «Une phase d’industrialisation définira les paramètres et le cadre d’épaisseur», détaille Sandra Le Manchet. Ce nouveau process, sans équivalent semblable en France et n’ayant qu’une solution semblable en Europe et au Japon, selon Cédric Chauvy, offre à Industeel une occasion de se démarquer, de gagner en compétitivité et de viser de nouveaux marchés. Déjà présent aux côtés des acteurs de l’énergie, qui représentent la moitié de son portefeuille, l’industriel entend accroître sa présence dans les secteurs du solaire, de la géothermie, des biocarburants, de l’hydroélectricité ou encore, à terme, de l’hydrogène. «Même si la coulée verticale va lui être en partie substituée, le procédé en lingots va perdurer, notamment pour des secteurs comme l’éolien ou le nucléaire» complète Cédric Chauvy.
Sur les 728 salariés du site, une dizaine sera concernée par le nouveau procédé. «Nous n’avons pas prévu de recrutements pour accompagner cet investissement, mais une montée en compétences de nos équipes sur ce nouvel outil afin d’aller vers la transformation du process», conclut le directeur de site.



