Après des mois de négociations avec la Commission européenne, la bonne nouvelle est tombée jeudi 20 juillet. Bruxelles a finalement autorisé les gouvernements français et allemand à accorder des subventions à ArcelorMittal et à ThyssenKrupp pour leurs projets de décarbonation. Les deux aciéristes ont la volonté de réduire leurs émissions de CO2 grâce à l’utilisation d’hydrogène, mais à condition d’en avoir les moyens. La France versera donc les 850 millions d’euros de subventions espérées par ArcelorMittal, tandis que ThyssenKrupp recevra 2 milliards d'euros d’aides allemandes.
Un plan d’investissement de 1,7 milliard d'euros
ArcelorMittal avait présenté début 2022 un plan d’investissement de 10 milliards d’euros en Europe, conditionné par l’obtention d’aides de l’Etat du plan France 2030 pour couvrir la moitié des dépenses. Parmi ces 10 milliards d’euros, les sites français de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) et de Dunkerque (Nord) devaient recevoir 1,7 milliard. Grâce au feu vert de Bruxelles, ArcelorMittal va mettre en pratique ce plan.
Sur son site emblématique de Dunkerque, où 10% de l’acier du groupe est produit, soit l’équivalent de 6 à 7 millions de tonnes chaque année, ArcelorMittal prévoit la construction d’une nouvelle unité dite «de réduction directe» pour transformer le minerai de fer avec de l’hydrogène à la place du charbon. Les deux sites français bénéficieront également d’un four à arc électrique innovant, pour remplacer deux des trois hauts fourneaux à charbon existants. La subvention sera versée en quatre tranches, pendant la construction de l’usine de Dunkerque prévue entre 2023 et 2026. L’aciériste devra rembourser une partie de l’aide reçue lorsqu’elle aura atteint un certain seuil de revenus nets.
Des tensions avec Bruxelles
Le programme de décarbonation des 50 sites industriels français les plus émetteurs de CO2 entraîne bien souvent des négociations musclées entre le gouvernement et les industries concernées, à propos du montant des subventions accordées pour financer des investissements. Dans le cas d’ArcelorMittal, des tensions ont également été soulevées avec la Commission européenne, à cause du montant particulièrement élevé de la subvention demandée.
La Commission européenne a également donné son feu vert à l’Allemagne pour accorder à ThyssenKrupp des aides d'un montant de 2 milliards d'euros (1,3 milliard du gouvernement fédéral et 700 millions du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie). L’aciériste allemand bénéficiera de 550 millions de subvention directe et d’un paiement maximal de 1,45 milliard soumis à conditions. Ces aides permettront de sauver le site de Duisburg (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) et ses milliers de salariés, mais également d’éviter l'émission de 3,5 millions de tonnes de CO2 par an grâce à la production d'hydrogène vert. En 2022, Bruxelles avait déjà approuvé une subvention allemande de 1 milliard d’euros au sidérurgiste Salzgitter pour un projet de décarbonation de sa production.



