Un incendie très impressionnant s’est déclaré lundi 16 janvier 2023 vers 16h50 dans un entrepôt de Bolloré Logistics situé dans une zone industrielle de Grand-Couronne (Seine-Maritime) éloignée des zones urbaines, au sud de Rouen. Le feu est parti d’une cellule de 6 000 m2 gérée par Bolloré Logistics contenant 12 250 batteries automobiles usagées et s’est propagé à une autre cellule de 6 000 m2 exploitée par Distri Cash, contenant 70 000 pneus. Les deux cellules de cet entrepôt se sont affaissées dans la soirée.
L’incendie, qui a mobilisé 137 sapeurs-pompiers et 60 véhicules, a été circonscrit vers minuit. Il n’a pas fait de victime. Reste le sujet particulier des émissions d’acide fluorhydrique, toxiques, pouvant être libérées par la combustion des batteries au lithium. Sur ce point, le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, entouré de Remy Weclawiak, colonel du SDIS de Seine-Maritime (service d’incendie et de secours) et de représentants de l’agence régionale de santé, a précisé, au cours d’une conférence de presse audio à 22 heures, que le danger pouvait être présent «au cœur du foyer de l’incendie» et que les pompiers étaient équipés pour affronter cette exposition.
Un second incendie s'est déclaré
Durant la nuit, vers 3h30, un nouveau départ de feu a été observé dans une cellule mitoyenne abritant du textile et des palettes appartenant à la société Ziegler. Selon la préfecture, ce deuxième incendie a été circonscrit mardi 17 janvier à 6 heures du matin par les 110 pompiers sur place.

S’agissant des «incidences» en termes de pollution liées au sinistre, Pierre-André Durand a indiqué que les premiers prélèvements d’air réalisés par les pompiers étaient «négatifs» au sens où ils n’avaient pas révélé de toxicité. Pour contenir le risque d’une pollution de la Seine avec les eaux d’extinction, des «pompages sont organisés»a-t-il précisé«pour empêcher la saturation des bassins de rétention du site». Des retombées possibles de suies de pneus sont à envisager, a-t-il ajouté, ainsi que des odeurs de brûlé au sud de l’agglomération rouennaise.
Dans un communiqué diffusé mardi 17 janvier à 8 heures, la préfecture de Seine-Maritime fait le point sur les analyses menées tout au long de la nuit et «confirme l’absence de concentrations significatives de substances dans l’air liées à l’incendie». A ce stade, indiquent les services de l’Etat, «aucun risque particulier n’a été identifié». Cependant, «des mesures et analyses complémentaires se poursuivent».
Un entrepôt soumis à enregistrement
L’entrepôt qui a brûlé «n’est pas classé Seveso, mais est soumis à la rubrique 1510 au titre de la règlementation ICPE, c’est-à-dire un entrepôt de stockage de produits combustibles» a indiqué Bolloré Logistics en début de soirée dans un bref communiqué. «C’est un entrepôt soumis à enregistrement» a traduit le préfet, une classification classique pour un entrepôt industriel. Bolloré Logistics a précisé que l’entrepôt était «aux normes et sprinklé». L’enquête judiciaire déterminera si les «sprinklers», ces systèmes d’arrosage qui doivent se déclencher automatiquement en cas d’incendie, ont bien fonctionné lundi 16 janvier 2023.
Le préfet s’est expliqué sur sa décision de ne pas activer le dispositif «FR-Alert» système d’alerte par SMS mis en place par l’Etat - dans le sillage de l’incendie de Lubrizol à Rouen survenu le 26 septembre 2019 - pour informer rapidement les citoyens des situations dangereuses ou de crise. Selon lui, «il s’agissait ici d’un entrepôt industriel ne générant pas de danger pour les populations». Dans sa communication de mardi 17 janvier à 8 heures, la préfecture précise : «L’ensemble des établissements scolaires – écoles, collèges et lycées – ouvriront normalement ce jour.»
Le préfet rappelle par ailleurs « l’obligation faite aux exploitants de tenir au jour le jour l’état précis de leurs stocks dans une forme et une terminologie compréhensible par le public » et indique que les contrôles d'entrepôts et de sites de production par la DREAL ont augmenté de 25% depuis 2019 en Normandie.



