Officialisée en septembre 2024, la cession d’Idemia Smart Identity (ISI), l’une des trois entités du groupe français Idemia à IN Groupe (propriété de l’Agence des participations de l’État à 100%) vient d’être finalisée mardi 1 juillet. «Cette acquisition permet de créer un champion mondial français de l'identité [...] au bénéfice de notre souveraineté, indique le ministère des Finances. IN Groupe va devenir le premier fournisseur mondial de cartes d'identité et le deuxième fournisseur mondial des passeports.»
Présente dans 35 pays, ISI compte 1880 salariés, dont environ 300 sont basés en France. Son chiffre d’affaires est estimé entre 400 et 450 millions d’euros. Le montant de la transaction n’a pas filtré, mais Bercy indique qu’elle a été «rendue possible avec le soutien de l’État qui a notamment participé à son financement au travers d’une augmentation de capital.»
Créer un champion français de l'identité
Alors que 60% de son activité est déjà effectuée à l’étranger, IN Groupe atteint avec le rachat d’ISI une taille critique avec un chiffre d’affaires combiné de plus d’un milliard d’euros et 4000 salariés. «Au cours des dix dernières années, notre entreprise s'est profondément transformée et s'est outillée dans sa capacité à mener des intégrations, indiquait en décembre 2024 Agnès Diallo, directrice générale d'IN Groupe à L’Usine Nouvelle. ISI va nous apporter une compétence que nous n’avons pas aujourd'hui : l'expertise en matière de design des puces qui équipent la carte nationale d'identité. Nous allons aussi pouvoir compléter notre portefeuille d'offres et avoir une meilleure couverture géographique.» Ainsi, IN Groupe va pouvoir s’appuyer sur le portefeuille de clients que compte l’entité d’Idemia en Afrique, en Asie et Amérique latine ainsi que sur ses deux usines à Haarlem (Pays-Bas) et Ostrava (République Tchèque).
Malgré la cession d’une de ses trois entités, Idemia réfute toute stratégie de vente à la découpe. «La partie identité est la seule des trois où nous n'étions pas leader mondial, indiquait en décembre 2024 Pierre Barrial, alors PDG d'Idemia à L’Usine Nouvelle. […] Notre portefeuille technologique ne permettait pas de nous imposer. Nous avons fait le choix de nous concentrer sur les deux divisions où nous avons un effet d'échelle important pour continuer à investir dans nos technologies et dans nos moyens sur le long terme». Spécialiste des systèmes de paiement et de la biométrie, le groupe est la propriété du fonds d’investissement états-unien Advent International avec Bpifrance comme actionnaire minoritaire (2,24%). Parmi les produits du groupe, on compte les portiques de contrôle automatisé aux frontières ou des systèmes de reconnaissance d’empreintes digitales pour les élections étatiques. Un projet de vente du groupe a été annulé en 2023 à cause de conditions économiques jugées défavorables en interne. Après la vente d’ISI, il compte désormais Idemia Secure Transactions (IST) dédiée à la cryptographie, les cartes bancaires ou les solutions paiement et Idemia Public Security (IPS), focalisée sur la biométrie.



