Imerys installera la raffinerie de la première mine de lithium française à Montluçon

Le champion français des minéraux de spécialité Imerys a dévoilé lundi 29 janvier la localisation des sites industriels prévus pour traiter le lithium de la mine qu’il développe à Echassières, dans l’Allier. L’usine de conversion du minerai sera installée dans l’agglomération de Montluçon, tandis qu’un atelier de chargement doit sortir de terre à Saint-Bonnet-de-Rochefort.

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Imerys
Le lithium extrait à Echassières sera donc raffiné à Montluçon.

Il y a du nouveau autour du projet de mine de lithium française. Lundi 29 janvier 2023, le champion français des minéraux de spécialité Imerys a dévoilé la localisation, très attendue, des deux sites industriels qui serviront à transporter et convertir le lithium extrait de la mine souterraine qu’il prévoit d’installer à Echassière, dans l’Allier. C’est donc Montluçon, sous-préfecture du département, qui a gagné la bataille. Très précisément, c'est le site industriel de La Loue, sur la commune de Saint-Victor, au nord de l’agglomération montluçonnaise, qui devrait accueillir la raffinerie d’hydroxyde de lithium d’Imerys.

Un choix qui permet de limiter drastiquement le transport par camion, puisque le concentré de minerai y arrivera par train, envoyé depuis un atelier de chargement édifié en bordure d’un réseau ferré existant, à Saint-Bonnet-de-Rochefort. Cette commune de 700 âmes se trouve à une quinzaine de kilomètres de la future mine et à une cinquantaine de Montluçon. Le concentré de mica lithinifère devrait y être acheminé depuis la mine par des canalisations. Imerys ne détaille pas l'investissement, ni le calendrier de construction des deux sites, mais réaffirme son objectif consistant à produire du lithium “made in France” dès 2028.

Assez de lithium pour 700 000 véhicules

Métal le plus léger du monde, le lithium se retrouve dans l’ensemble des chimies de batteries de véhicules électriques. Au point qu’il est couramment présenté comme un «or blanc», compte tenu des immenses perspectives de croissance du marché. Imerys a annoncé fin 2022 son grand projet de mine de lithium en soulignant le grand potentiel du gisement de micas lithinifères se trouvant sous la carrière de kaolin qu’il exploite déjà et en insistant sur ses efforts pour rendre toute l’opération responsable. Un projet bien accueilli au niveau politique, alors que l'Europe cherche à multiplier les mines de métaux critiques sur son sol.

L’entreprise prévoit de produire 35 000 tonnes d’hydroxyde de lithium, soit de quoi équiper de l’ordre de 700 000 véhicules électriques, par an. L’usine de Montluçon s'intègre dans le plan d’Imerys pour créer une chaîne de valeur intégrée : elle utilisera des procédés chimiques afin de purifier le minerai extrait et concentré à Echassières, et de le transformer en hydroxyde, la forme chimique privilégiée des batteries les plus performantes. D'autres projets de raffineries en France, portées par Viridian ou Ensorcia, sont dans les cartons, mais aucun n'a encore été confirmé.

Dans son communiqué de presse, Imerys donne encore peu de détails sur son projet. En comptant la mine, le plan industriel devrait apporter 1000 emplois directs et indirects dans la région. L’année dernière, Imerys estimait auprès de L’Usine Nouvelle que la raffinerie représenterait de l’ordre de 250 à 300 emplois, contre 350 pour la mine et une vingtaine pour le site de chargement. L'annonce du choix de l'emplacement de l'usine de conversion témoigne que le projet, baptisé Emili, progresse. Un signe que l'industriel n'a pas été découragé par la chute, brutale, des cours du lithium en 2023.

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