Les affaires vont bon train pour Gaztransport & Technigaz (GTT). Le spécialiste tricolore des cuves de stockage de gaz naturel liquéfié (GNL) a annoncé mardi 10 octobre avoir remporté un contrat pour équiper les premiers porte-conteneurs chinois propulsés au GNL. L’industriel précise dans un communiqué que la commande provient du chantier naval sud-coréen Hyundai Heavy Industries pour le compte de l’armateur basé à Taïwan Yang Ming mais garde secret le montant du contrat. Dans le détail, cinq navires, d’une capacité de 15 500 conteneurs chacun, se verront allouer un réservoir de 12 700 mètres cubes. La livraison des porte-conteneurs est prévue pour entre le deuxième trimestre 2026 et le premier trimestre 2027 d’après GTT.
La pépite française précise : «Les réservoirs intègreront le système de confinement à membranes Mark III Flex développé par GTT, qui garantit un taux d’évaporation (BOR) faible permettant d’optimiser les opérations du navire.» Sur son site internet, elle indique que cette technologie lancée en 2011 propose un taux d’évaporation de 0,10 à 0,085% contre 0,15 à 0,125% pour le système d’isolation Mark III.
L’activité GNL carburant de GTT en forte croissance
«C'est la première fois qu'un armateur chinois opte pour la technologie de propulsion au GNL pour ses porte-conteneurs. Cette décision met en lumière le développement et les perspectives de ce carburant en Grande Chine, en phase avec la décarbonation du transport maritime», se réjouit GTT. Perçu comme une énergie de transition par les acteurs du secteur puisqu’il permettrait de réduire de 25% les émissions de CO2, de 99% celles de souffre ou encore de 91% celles des particules fines, le GNL apparaît cependant comme une fausse bonne solution pour l’ONG Transport&Environment. Celle-ci soulignait en 2022 les fuites de méthane, gaz dont le pouvoir réchauffant est 82,5 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur vingt ans, qui surviennent lors de la combustion de GNL sur les navires.
Quoiqu’il en soit, l’engouement des acteurs du transport maritime et, plus généralement, de l’Asie ou encore de l’Europe confrontée au tarissement des gazoducs russes pour le GNL est bien réel et les résultats de GTT l’attestent. Au premier semestre 2023, l’entreprise a dégagé un chiffre d’affaires de 177,8 millions d’euros (+23,3% sur un an) et un bénéfice net de 84 millions d'euros, contre 63,7 millions au premier semestre 2022. Son activité GNL carburant, en croissance de 921,8% sur un an, a généré près de 11,5 millions d’euros.



