Est-ce utile de financer des canons à neige en montagne ? Ou de soumettre les nouveaux équipements ferroviaires à des normes qui ne prennent pas en compte les effets du changement climatique dans les pires scénarios du Giec ? La Cour des comptes estime que l’État est en retard pour adapter le pays au changement climatique. «Il ne joue pas assez son rôle de stratège pour fixer les priorités», résume Pierre Moscovici, son premier président.
Un chantier tentaculaire
Le chantier est tentaculaire et coûtera forcément cher, même si la Cour des comptes n’a pas pu avancer de chiffres, pour cause d’informations trop parcellaires sur les seize secteurs qu’elle a étudiés en détail. Un exemple parmi d’autres : pour limiter les arrêts de centrales nucléaires en été, il faudrait, par exemple, investir dans des tours réfrigérantes. Coût : 500 millions d’euros chacune. Ne rien faire ou mal faire pourrait se révéler encore plus coûteux, pointent les magistrats financiers. Reste un dilemme : les marges de manœuvre budgétaire se sont réduites à une peau de chagrin. D’ici à 2027, l’État va devoir trouver 50 milliards d’euros d’économies, selon la Cour des comptes, tout en dépensant plus pour l’adaptation. Plus que jamais, il s'agit de faire les bons choix.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3729 - Avril 2024



