ExxonMobil supprime 677 postes et arrête ses activités chimiques à Gravenchon

Le groupe américain Exxon Mobil a annoncé le 11 avril l’arrêt de ses activités chimiques sur son site de Gravenchon à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime). Cette décision va entraîner la suppression de 677 postes en 2025, les activités liées au raffinage de pétrole continuent. 

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ExxonMobil Raffinerie ExxonMobil de de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime)
Toutes les installations chimiques d'ExxonMobil du site de Gravenchon (Seine-Maritime) seront démantelées.

Mauvaise nouvelle pour l’emploi en Normandie. ExxonMobil Chemical France (EMCF) a annoncé le 11 avril l’arrêt définitif du vapocraqueur et des unités de polyéthylène, de polypropylène, d’adhésifs et des facilités logistiques associées du site de Gravenchon à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime) en 2024. Cela entrainera la suppression de 677 emplois sur un effectif de 2400 salariés en France dans le courant de l'année 2025, indique la société dans un communiqué. Dans le détail, 647 postes vont disparaitre sur place et 30 à la direction de l'entreprise à Nanterre (Hauts-de-Seine). Les activités de raffinerie de Port-Jérôme ne sont pas concernées. Le site continuera à produire et à fournir des carburants, des lubrifiants, des huiles de base et des bitumes. De même l' activité d'Infineum, la jointe-venture entre Exxonmobil et Shell pour la production d'additifs ne fait pas partie de l'annonce. En 2020, 35 millions d'euros avait été investis pour cette dernière à Gravenchon.

Le pétrolier américain invoque une perte de plus de 500 millions d’euros sur cette activité en France depuis 2018. L'activité aurait même perdu 300 millions d'euros en 2023. «Cette décision, très difficile à prendre, ne reflète en rien la qualité de nos équipes, de leur travail et les efforts accomplis. Malgré notre longue histoire industrielle, nous ne pouvons pas continuer à fonctionner avec de telles pertes», explique Charles Amyot, président des sociétés du groupe ExxonMobil en France, dans le communiqué.

Arrêt des activités le 1er octobre

Selon lui, malgré ses efforts pour réduire les coûts et améliorer leur performance de ses installations chimiques, son vapocraqueur n’a plus la bonne taille pour rester compétitif. Le site avait déjà été restructuré en 2020. Toutes les installations concernées seront démantelées. Une réhabilitation environnementale du terrain est prévue. EMCF indique vouloir engager des discussions avec les pouvoirs publics pour la revitalisation du bassin d’emploi et l’évaluation de nouvelles utilisations possibles des terrains qui seraient libérés.

Aucun départ n’est envisagé avant 2025. Des mesures d’accompagnement renforcées visant au retour à l’emploi seront proposées, assure l’entreprise. L’annonce est vécue comme un « tsunami » par les salariés. « On s’attendait à une grosse réorganisation, mais pas à une fermeture d’une telle ampleur », indique Pierre-Antoine Auger, délégué syndical FO chimie sur le site, dont le poste, sur l’unité polypropylène, va être supprimé. Pour lui, le long travail de négociation sur les conditions de départ et de reclassement ne fait que commencer. Il va durer six mois. La fermeture de l’activité est programmée pour le 1er octobre 2024.

ExxonMobil précise que cette annonce n’a rien à voir avec celle l’annonce faite également le 11 avril par Esso S.A.F. de la vente envisagée des activités raffinage et logistique du sud de la France à la société Rhône Energies.

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