« Nous avons décidé de construire une usine capable de produire 70 000 tonnes de résine de PET de qualité vierge par an à Port-Jérôme (Seine-Maritime) et nous allons investir 250 millions d’euros, annonce à L’Usine Nouvelle Daniel Solomita, fondateur et président de Loop Industries . La localisation est idéale avec la Seine qui permet d’avoir accès aux flux de matières en provenance de la région parisienne. »
L’annonce de ce projet avait eu lieu en septembre 2020. A l’époque, les dirigeants de Loop Industries et de Suez qui doivent former une co-entreprise pour exploiter ce site à partir de 2025 avaient prévu son lancement deux ans plus tôt, en 2023. «Nous avions signé une entente avec Suez, et il y a eu l’OPA de Veolia qui a quelque peu retardé notre projet, rappelle le patron de l’entreprise québécoise. Au départ, nous avions évoqué l’Europe pour localiser cette future usine, puis nous nous sommes recentrés sur la France. D’une part parce que Suez y conserve ses activités et d’autres part parce que nos partenaires industriels en France, Danone, L’Oréal et L’Occitane souhaitaient que nous produisions dans le pays.» La construction démarrera en 2023. L’usine Infinite Loop devrait employer 180 personnes. Les deux sociétés ont réservé un terrain de 130 000 m² à Port-Jérôme-sur-Seine.
Une usine a démarré au Québec
Aujourd’hui, Loop Industries, société de 84 collaborateurs, compte une seule usine dont l’activité a démarré fin 2021 à Terrebonne au Québec. Elle est essentiellement destinée à la R&D. En 2024 et 2025, deux autres usines identiques à celle de Port-Jérôme entreront en activité au Québec et en Corée du sud.
Créé en 2015, Loop Industries a développé une technologie unique à basse température pour recycler et produire du plastique PET et de la fibre polyester durables. Cette technologie brevetée permet de dépolymériser les déchets de plastique PET et de fibre de polyester de faible valeur (bouteilles, emballages en PET, tapis et textiles, plastiques retrouvés dans la mer,…). Cela donne des monomères qui sont filtrés, purifiés et polymérisés pour créer une résine de PET et une fibre de polyester de qualité vierge adaptés aux emballages de qualité alimentaire. À pleine capacité, l’usine devrait permettre d’économiser plus de 255 000 tonnes de CO2 par an comparé à la résine PET vierge fabriquée à partir de combustibles fossiles.
Soutien de l'Etat français
« Le projet Infinite Loop démontre la confiance que portent les investisseurs étrangers envers les atouts de notre pays, commenteAgnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’Industrie auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance. Je me réjouis que cette nouvelle installation profite au fort écosystème français de l’emballage : cet investissement contribuera à la transition de notre pays vers une économie plus durable et à faible émissions carbone. Il s’agit d’une étape importante du développement des technologies de l’économie circulaire. » Le projet devrait bénéficier du soutien de l’Etat français.
Quant aux concurrents, ils ne semblent pas trop inquiéter Daniel Solomita, qui devait participer au sommet Choose France ce 17 janvier. « Ils sont toujours sur la même technologie depuis 60 ans avec la haute température qui ne permet pas de produire une matière de qualité vierge. Il y a plein de contaminants qui vont se mélanger. »



