281 300 recrutements de cadres ont eu lieu en 2019 selon les estimations annuelles publiées par l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) vendredi 14 février. L'organisme comptabilise dans cette donnée les recrutements en CDI et en CDD de plus d'un an. Ce chiffre est en progression de 6 % par rapport à 2018. Fin 2018, la progression était de 11 % par rapport à 2017. La croissance reste forte mais son rythme ralentit peu à peu.
un vent porteur
Pas de quoi alimenter la passion française pour le pessimisme. Selon le modèle de l'Apec qui repose notamment sur l'investissement des entreprises qui reste très bien orienté, la croissance continuera au rythme de 5 % en 2020 pour atteindre 296 600 recrutements. Le cap des 300 000 recrutements devrait être passé en 2022 où l'on atteindra 302 100.
En attendant ce record, on peut remarquer une nouvelle particulièrement bonne dans cette avalanche de statistiques élaborée par l'organisme du Boulevard Brune. Les recrutements enregistrés sont dans une large mesure liés à des créations nettes d'emplois. Ce ne sont ni des embauches liés à un départ pour une autre entreprise ou en retraite. Ce sont, pour une part non négligeable, des postes ouverts pour répondre à de nouveaux besoins des entreprises. Ainsi, en 2019, ce sont 74 800 créations nettes qui ont été enregistrées par l'Apec. En deux ans, l'économie a créé 150 000 emplois nets de cadres, quand il a fallu vingt ans pour qu'un million de créations nettes soient observées.
L'Ile De France leader
En termes de secteurs d'activité, les services arrivent loin devant avec 206 130 recrutements de cadres en 2019 (et 218 530 l'an prochain). L'industrie arrive loin derrière avec seulement 39 380 (et 41 160) embauches. Ce sont d'abord les industries mécaniques et la métallurgie, l'automobile aéronautique et autres matériels de transport et la chimie industrie pharmaceutique qui sont les trois principaux secteurs qui embauchent.
Une large part des emplois enregistrés dans le secteur travaille de fait pour l'industrie. En témoigne la première place occupée par les activités informatiques et de télécommunications (62 880 recrutements prévus en 2020), l'ingénierie et R & D (40 700) et les activités juridiques comptables et de conseil (30 580).
Ces créations concernent toutes les régions de France. L'Ile-de-France reste la principale zone de recrutement : avec 134 090 recrutements en 2019 et 142 820 prévus en 2020. Près d'un recrutement cadre sur deux se déroule dans la région parisienne. C'est dire que les questions de mobilité sont primordiales. Derrière on trouve loin derrière en volume de recrutement Auvergne Rhône-Alpes (30 440 en 2019), et au coude à coude les Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte-d'Azur-Corse (resp. 18 970 et 18 120).
La situation délicate des seniors
Dans ce contexte très largement porteur, le directeur général de l'Apec, Bertrand Hébert reste vigilant sur la question de l'emploi des cadres seniors, d'autant que rappelle-t-il, mi-amusé mi-agacé, "dans bien des entreprises on est un cadre senior à partir de 45 ans" ! Il rappelle qu'un cadre sur deux qui arrive à la retraite n'est plus en situation d'emploi, a indiqué Bertrand Hébert.
A cet égard les données publiées par l'Apec montrent que près d'un recrutement prévu en 2020 sur deux (48 %) concerne un cadre ayant moins de cinq ans d'expérience. Seulement 12 % des recrutements annoncés concerneront des cadres avec plus de 15 ans d'expérience. Si le taux de chômage des cadres est passé sous la barre des 5 % gare à ne pas conclure trop vite au taux de chômage naturel, surtout si on tient compte de tous les cadres devenus consultants indépendants et qui n'arrivent pas toujours à trouver des missions suffisamment rémunératrices.



