Etude

[Etude exclusive] Salaires dans l'industrie : vivement 2022 !

On pouvait s'en douter. 2021 risque de ne pas être un grand cru pour les salaires dans l'industrie. Le cabinet C&B Alternative, spécialiste des salaires dans l'industrie, le confirme. 2021 a tout d'une "annus horribilis" comme on dit à la Cour d'Angleterre. Nous vous révélons ses résultats. 

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Bulletin de paie
Pour 2021, le net à payer ne devrait pas changer... à moins que les prélèvements n'augementent.

Comme un tremblement de terre a des répliques, les effets du séisme provoqué par la pandémie de Covid-19 risquent bien de toucher l'économie pour plusieurs mois encore. A cet égard, l'étude annuelle du cabinet C & B Alternative sur les budgets anticipés d'augmentation de salaires pour 2021 (*) est importante.

Coup de gel 

Interrogés sur l'effet de la pandémie, 52% des industriels interrogés répondent qu'elle a eu un impact sur les recrutements, 37 % évoquent un gel des salaires, 26 % une révision du niveau des mesures salariales prévues, 18 % un report de ces mesures dans l'année et 14 % un changement des politiques en matière de bonus.

Notons qu'il s'agit d'anticipations et qu'une bonne surprise n'est pas à exclure. Qu'il est toujours possible que les entreprises attentistes débloquent des moyens quand la conjoncture ira mieux. Pour peu que, comme à l'issue du premier confinement, on observe une "résilience" plus forte qu'anticipé... 

Le même régime pour tous...

Reste que cette étude montre que si près de 4 entreprises industrielles sur 10 (37%) anticipent purement et simplement un gel des salaires en 2021, un tiers de ces entreprises appartient au secteur agroalimentaire. Cela représente 24 % des entreprises du secteur. A titre de comparaison, 60 % des entreprises du secteur de la métallurgie ayant répondu sont dans la même situation. La composition de l'échantillon, où les secteurs automobile et aéronautique sont peu représentés, sous-estime peut-être l'ampleur du phénomène. La conjoncture dans ces deux secteurs n'incite pas à l'optimisme en matière de pratiques salariales. 

Au sein de l'entreprise, toutes les fonctions seront touchées dans des proportions assez proches, puisque l'étude fait ressortir une hausse de 1,5 % pour toutes les fonctions à l'exception des dirigeants/cadres pour lesquels le budget est de 1,6%. Soyons bien clair, cela ne signifie pas que tous les cadres seront augmentés de ce pourcentage, mais que le budget global dévolu aux augmentations individuelles et générales augmentera de cette proportion. On peut donc travailler dans une entreprise comme cadre et voir son salaire rester stable. 

...mais plus d'augmentations individuelles pour les cadres

L'étude de C&B Alternative montre, par exemple, que la hausse moyenne pour les dirigeants et cadres se décompose en 1,3% pour les augmentations individuelles et 0,3% pour les augmentations générales. Cela reflète la faible part des augmentations générales pour cette catégories de population. A l'inverse, on le constate de puis plusieurs années, la rémunération variable est de plus en plus répandue au sein des entreprises. Les hausses de salaires sont attribuées en fonction des performances individuelles quand il y a encore quelques décennies, les augmentations étaient mécaniques en fonction de la position de grilles de rémunération.

Ainsi, la hausse moyenne de 1,5 % pour les ouvriers, les techniciens ou les employés  provient d'une hausse de 0,7 % pour le budget d'augmentations individuelles et 0,8% pour le budget d'augmentations collectives (pour les agents de maîtrise, on a respectivement 0,9 et 0,6). 

Et que les salariés n'espèrent pas une compensation sous une forme ou une autre. 87 % des entreprises interrogées indiquent ne pas prévoir de mesures de compensation. Les plus chanceux travaillent pour les 6 % qui envisagent de mettre en place une prime ou un dispositif spécial exceptionnel en fonction des résultats ou les 7 % qui comptent revoir leur accord d'intéressement ou en signer un. 

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(*) Etude C&B Alternative réalisée auprès de 92 entreprises du secteur industriel. A noter le secteur automobile et aéronautique est très peu représenté dans les réponses (resp. 4 et 3 % de l'échantillon), toutes tailles d'entreprise en termes d'effectif ou de chiffre d'affaires.

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