En Normandie, TotalEnergies construit le deuxième plus gros méthaniseur de France avec Cristal Union

La sucrerie Cristal Union de Fontaine-Le-Dun (Seine-Maritime) s'associe à TotalEnergies pour l'exploitation d'un nouveau méthaniseur, le deuxième plus gros de France. Un partenariat qui s'inscrit dans la stratégie de décarbonation des deux entreprises.

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Sucrerie Cristal Union de Fontaine-Le-Dun (Eure)
La sucrerie Cristal Union de Fontaine-le-Dun va se doter d'un méthaniseur.

La culture de betterave sucrière, à Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime), va profiter à la production d'énergie. C'est en tout cas le sens d'un partenariat annoncé le 29 février entre le sucrier Cristal Union et l'entreprise Bionorrois, affiliée à TotalEnergies, qui vise à faire sortir de terre un méthaniseur à côté de l'usine normande. Le partenariat, signé pour 15 ans, prévoit notamment que Cristal Union devienne actionnaire de BioNorrois à hauteur de 10%. «Une première pour un groupe sucrier dans l'industrie du biogaz en France et en Europe», assure le sucrier. 

«Notre objectif avec ce méthaniseur est de réduire de 35% nos rejets de CO2 d'ici à 2030, précise à L'Usine Nouvelle Pascal Hamon, directeur industriel de Cristal Union. Et que toutes nos sucreries soient autonomes en énergie à l'horizon 2050.» Les travaux, qui nécessitent une cinquantaine de millions d'euros d'investissement, ont commencé en septembre 2023 et la livraison de cette nouvelle unité de production est attendue entre le dernier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025.

Du méthane et de l'engrais naturel

Cristal Union va ainsi alimenter le méthaniseur normand avec les pulpes issues de la transformation des betteraves, afin de produire de l'énergie pour alimenter les sucreries. «Aujourd'hui, nous n'utilisons plus ni fuel ni charbon de bois, affirme Pascal Hamon. Toutes nos sucreries fonctionnent au gaz naturel, qui est une énergie plus propre. Mais l'objectif, à terme, est de remplacer les énergies fossiles consommées dans nos usines».

Les restes de betterave, transformés en digestat par le procédé de méthanisation, seront destinés à enrichir les sols de culture. «Ce digestat sera distribué par notre coopérative et par NatUp (coopérative de production de légumes, NDLR)», affirme Pascal Hamon, qui assure que «beaucoup d'agriculteurs y auront accès».

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Bionorrois projette une production annuelle de méthane de 100 GWh dans un premier temps puis, à terme, de 153 GWh. La filiale de TotalEnergies entend ainsi éviter chaque année l'émission de 30 000 tonnes de CO2 et de 5 500 tonnes d'engrais chimiques. Ces objectifs de rendements feraient de Bionorrois la deuxième plus importante unité de production de biométhane en France, après BioBéarn, inauguré en avril 2023 par l'énergéticien.

Déjà 188 méthaniseurs en Normandie

Le projet Bionorrois intervient dans un contexte de débats autour de la méthanisation en Normandie. Le président de la Région, Hervé Morin, a fait savoir qu'il suspendait toutes les subventions régionales aux projets de méthanisation, dans l'attente de contrôles plus stricts des services de l'Etat. En cause, la part de plus en plus importante de production agricole consacrée au biogaz, au détriment, selon lui, de l'alimentation.

Sept ans après un plan méthanisation subventionné par la Région Normandie, pas moins de 188 unités de production semblables à celle de Fontaine-le-Dun sont sorties de terre sur le territoire. Sur le plan national, Bionorrois sera la dix-neuvième unité déployée par TotalEnergies dans le cadre de sa stratégie de diversification.

Romain Huynh

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