En Isère, MinMaxMedical amorce son industrialisation pour ses bras robotiques de chirurgie ultra-précis

La start-up industrielle MinMaxMedical a inauguré début avril sa première usine à Apprieu (Isère) dans le cadre d’un investissement de 15 millions d’euros, pour la production de robots, de systèmes de navigation et de composants destinés à la chirurgie mini-invasive. 

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
MinMaxMedical prévoit de démarrer les productions des pré-séries de ses robots chirurgicaux et de ses systèmes de navigation dans son usine à Apprieu, en Isère, qui attend l'installation des premiers équipements.

Pour le moment, l’usine, flambant neuve, est vide. Livré en 2024, le bâtiment de MinMaxMedical, qui s’étend sur 2170m² dont 1640m² de surface prévue pour la production, attend encore l’installation des premiers équipements. Le démarrage de la fabrication de pré-séries commencera à partir du second semestre, avant le lancement des séries à partir de 2026. Sans attendre, cette usine implantée à Apprieu (Isère), a toutefois été inaugurée en grande pompe le 4 avril. Yannick Neuder, le ministre de la Santé (et aussi député de la circonscription) est même venu saluer ce projet de 15 millions d’euros, soutenu par 430000 euros de subventions de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur place, les embauches ont démarré. 15 créations de postes sont programmées en 2025, avec des prévisions d’autant – voire du double – en 2026.

Fondé en 2008, MinMaxMedical, un peu plus de 50 salariés aujourd’hui, s’est d’emblée positionné sur la chirurgie digitale et robotique, avec un centre de R&D basé à Saint-Martin-d’Hères, près de Grenoble (Isère). Focalisée sur les services de recherche et développement pour améliorer la précision des gestes chirurgicaux au bloc opératoire grâce à des aides digitalisées, cette société d’ingénieurs et de docteurs concevait initialement «des logiciels que l’on vendait à des partenaires», relate Thomas Lonjaret, le directeur général. Le panel de produits s’est étoffé avec des jumeaux numériques par exemple, pour la planification opératoire et la préparation des gestes avant l’intervention. 

Un fournisseur de technologies doublé d'un incubateur de start-up

La société a franchi des caps ces dernières années. A commencer par la conception de premiers prototypes de bras robotisés en 2022. Le modèle d’affaires développé par MinMaxMedical a alors pris un tournant assez particulier. Thomas Lonjaret décrit l’entreprise comme «un fournisseur de technologies et un incubateur de start-up». Techniquement, en parallèle du développement de bras robotisés, l'entreprise constitue des partenariats avec des start-up ou simplement des entrepreneurs autour d’un projet de chirurgie mini-invasive et robotisée. MinMaxMedical intervient dans l’accompagnement, le développement et le financement – souvent comme actionnaire - des jeunes pousses. Les bras robotisés et/ou les systèmes de localisation avec des capteurs, tous développés en interne, sont alors adaptés à chaque projet, les start-up ajoutant aux équipements leurs propres logiciels et «sous-couches applicatives», ajoute encore le directeur général.

Image d'illustration de l'articleMinMaxMedical
Bras robotisé de MinMaxMedical Bras robotisé de MinMaxMedical

Les bras robotisés de MinMaxMedical sont adaptés à chaque projet, comme ici pour une start-up spécialisée dans l'aide à la chirurgie orthopédique, notamment pour bien positionner la scie. (Crédit photo: MinMaxMedical)

En somme, l’entreprise crée ses propres clients. Une fois que les start-up sont suffisamment matures et développées, l’objectif est une acquisition par des grands groupes de medtech qui achètent directement un produit entièrement développé, agréé et commercialisable. MinMaxMedical s’assure ainsi une rentrée d’argent lors de la cession de ses parts ainsi qu’un carnet de commande pour fabriquer les produits sur-mesure.

Pour le moment, quelques robots ont déjà été fabriqués en laboratoire et sont entrés en service pour certains projets, et l'idée sera désormais de tout produire jusqu'à atteindre des cadences en série dans l'usine. Entre 2023 et 2024, le chiffre d’affaires a presque doublé, de 1,7 million à 3 millions d’euros. Avec l’industrialisation, l’entreprise prévoit une montée en puissance fulgurante, avec 12 millions espérés en 2025 et plus de 130 millions dès 2026.

Des champs d'intervention en orthopédie et dentaire pour le moment

Les bras robotisés de MinMaxMedical comprennent 1500 composants et sont spécifiquement conçus pour assister les chirurgiens au bloc opératoire. Ces derniers peuvent ainsi les positionner de manière extrêmement précise sur les parties du corps où intervenir, et les robots adaptent instantanément et avec une précision submillimétrique leur position si jamais la zone d’intervention bouge, ce qui peut arriver pendant la manipulation opératoire. Pour le moment, ces technologies sont déployées dans les domaines du dentaire et de l’orthopédie, mais devraient s’étendre à l’avenir.

A Apprieu, l’usine est composée de deux ailes à peu près équivalentes. La première comprendra toute la chaîne d’assemblage des robots chirurgicaux, avec des futurs postes de mécatronique. Le second hall sera plutôt en charge des composants, et sera équipé «d’une salle blanche de 140m² pour la fabrication de tous les capteurs», précise Hervé Collet, directeur du site. Dotée de panneaux solaires, l’usine devrait être autonome pour ses besoins énergétiques. MinMaxMedical n’a pas hésité à poser des options pour réserver du foncier sur la zone industrielle d’Apprieu, pour assurer toutes les extensions prévues. Si à ce stade l’usine est encore vide, les ambitions industrielles de l’entreprise sont, elles, loin d’être creuses.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.