Le microrobot le plus fin au monde s'attaque à la chirurgie de très haute précision

[Les promesses des microrobots 4/4] Les équipes de l’institut FEMTO-ST de Besançon, dans le Doubs, ont développé un microrobot télescopique d’à peine 90 micromètres, soit le plus fin du monde. Le dispositif devrait notamment être utilisé pour la microchirurgie ORL.

Réservé aux abonnés
Caturo micro-robot à tubes concentriques
Ce microrobot, constitué de tubes emboités les uns dans les autres, est le plus petit au monde : le dernier tube mesure 90 micromètres de diamètre.

À l’image des antennes des premiers téléphones sans fil, le microrobot Caturo se déploie de manière télescopique. En le manipulant depuis sa base, il est de plus possible de le courber, pour atteindre avec une grande précision des zones difficiles d’accès. Au bout de ces tubes concentriques emboîtés les uns dans les autres, peuvent se placer divers outils, en fonction de l’objectif assigné au dispositif.

«Nous avons un vrai savoir-faire pour les applications médicales, notamment pour la microchirurgie, fait valoir Kanty Rabenorosoa, professeur des universités à l'Institut FEMTO-ST de Besançon (Doubs), en charge du projet. Caturo peut embarquer une fibre optique, réaliser une biopsie, aspirer puis relarguer un liquide, comme un médicament par exemple...»

Record du monde

Ce type de robot existe depuis près de 20 ans, mais sa taille a été extrêmement réduite au fil des ans. De 3 mm de diamètre à l’origine, l’équipe du FEMTO-ST est parvenue à le miniaturiser jusqu’à 90 micromètres, soit la taille d’un cheveu, pour une longueur de 20 cm, faisant de lui le microrobot à tubes concentriques le plus fin du monde.

Preuve en est : l’équipe de chercheurs a réussi à lui faire suivre un parcours, constitué de chas d’aiguilles à coudre, mesurant 1 mm. De plus, l’alliage de nickel et de titane d’origine a été remplacé par une structure composite verre-polymère. «Aujourd’hui, nous maîtrisons mieux le procédé, tout en diminuant son coût. Il semble donc possible de fabriquer le robot sur place, en fonction du patient», reprend l'enseignant-chercheur.

Déjà publiés dans le journal Advanced Intelligent Systems, les travaux de l’équipe de Kanty Rabenorosoa ne sont pour l’instant pas protégés par un brevet. Cependant, le chercheur explique être actuellement en réflexion avec la SATT et l’hôpital de Besançon «pour créer une entreprise autour de la microchirurgie ORL». En effet, le microrobot a déjà fait ses preuves pour les prélèvements dans les fosses nasales, ou l’ablation de tumeur bénigne dans l’oreille interne (cholestéatome).

Kanty Rabenorosoa espère pouvoir lever suffisamment de fonds et assez vite pour faire face à une concurrence internationale rude. Il envisage de se rapprocher d'entreprises déjà bien avancées sur le sujet ou de faire appel à du mécénat.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Ils recrutent des talents
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs