Il doit devenir un élément clef de l'arsenal maritime français. Le Suffren, premier sous-marin nucléaire d'attaque nouvelle génération du programme Barracuda, a rejoint la rade de la base navale de Toulon (Var) après trois mois d'essais dans la Manche. Le géant de 99 mètres de long pour 5 300 tonnes d'acier doit replonger prochainement pour poursuivre ses essais en Méditerranée.
Trois mois d'essais dans la Manche concluants
Le Suffren a quitté les chantiers de l'industriel Naval Group à Cherbourg (Manche) le 29 avril dernier, pour entamer des essais dans la Manche. Durant cette phase de test de trois mois, menée par les sous-mariniers de la Marine nationale, "l’ensemble des capacités techniques et opérationnelles" du sous-marin "ont été vérifiées de manière progressive". Les équipes d'ingénieurs et de techniciens de la DGA (Direction Générale de l'Armement), du Commissariat à l’Energie atomique et aux Energies Alternatives (CEA), de Naval Group et de TechnicAtome ont supervisé et analysé les résultats des tests.
"Il ressort de ces analyses que le comportement en mer du premier sous-marin de la série est cohérent avec sa modélisation", avance le ministère des Armées dans un communiqué le 28 juillet. Le sous-marin doit désormais replonger pour poursuivre la vérification "des différents systèmes et équipements du sous-marin, avant sa qualification puis sa livraison aux forces françaises."

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Un chantier de douze ans
Doté de la propulsion nucléaire, le Suffren a été construit par Naval Group (ex-DCNS, détenu à hauteur de 62,49% par l'Etat) en douze ans, soit un retard de trois ans sur le calendrier initial. Le coût du programme (développement et construction) de ce géant amphibie de 99 m de long et de 5 300 tonnes s'élève à 9,1 milliards d'euros.
Depuis son inauguration par Emmanuel Macron à sa sortie du chantier naval de Cherbourg en juillet 2019, les équipes d'ingénieurs ont testé pendant huit mois le bon fonctionnement des systèmes et des équipements, notamment le système de combat et le réacteur nucléaire en décembre dernier. Enfin, une première plongée à quai avait eu lieu le 4 février dernier pour évaluer l'étanchéité des installations.
Hassan Meddah (Le Suffren lors de son inauguration par Emmanuel Macron le 12 juillet 2019. Crédit photo: Hassan Meddah)
Naval Group (Le Suffren dans les chantiers navals de Naval Group. Crédit : Naval Group)
Le programme Barracuda
Premier des six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) nouvelle génération du programme Barracuda initié en 1998, le Suffren est appelé à relever les SNA de type Rubis mis en service au début des années 1980.
Dans le sillage du Suffren, cinq SNA supplémentaires du même type doivent venir grossir l'arsenal nucléaire français : le Duguay-Trouin, le Tourville, le De Grasse, le Rubis et le Casabianca. Les quatre premiers sont en cours de construction, pour une livraison estimée à 2025.
Les SNA doivent venir appuyer les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) français et servir aux missions de renseignements, à l'escorte de bâtiment comme les porte-avions, et à la lutte sous-marine et anti-navire. Deux nouvelles fonctions ont été ajoutées à cette nouvelle génération de sous-marin. Une capacité de frappe contre terre avec un missile de croisière navale d'une portée de 1 000 km et le déploiement des nageurs de combat via un hangar de pont amovible. Ils seront également capables "de naviguer plus loin, plus vite, plus longtemps et plus discrètement" explique le ministère des Armées.



