Le premier train de fret alimenté à l’hydrogène vert devrait circuler en 2025... en France ! Avec, dans ses wagons, des bouteilles de Vittel, transportées depuis l’usine de Nestlé située dans les Vosges jusqu’aux centres de distribution du groupe d’Arles (Bouches-du-Rhône) ou de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). C’est du moins ce qu’indique la division eau du groupe suisse ce 22 novembre. L’objectif ? «Accélérer le développement d’une chaîne logistique décarbonée», dixit Sophie Dubois, la directrice générale de Nestlé Waters en France, citée dans un communiqué.
«Pour une entreprise comme la nôtre, le transport représente 30% des émissions», détaille à L’Usine Nouvelle Christophe Arnould, directeur approvisionnement de Nestlé Waters. Pour atteindre l’objectif de neutralité carbone du groupe, en 2050, il va falloir se débarrasser notamment des locomotives au diesel. Mais ces dernières ont pour intérêt de pouvoir circuler sur les parties du réseau ferré non couvertes par des caténaires – et donc sans électricité.
Pour régler le problème, Nestlé a phosphoré pendant quatre ans avec Alstom et Engie sur un train dit «bi-mode» : ce dernier utiliserait l’hydrogène pour alimenter la locomotive électrique sur la partie non électrifiée du réseau, et celle-ci serait directement alimentée par les caténaires sur le reste du trajet. A charge pour l’énergéticien français de fournir de l’hydrogène vert. Par rapport à une rame au diesel, Nestlé Waters estime qu’il pourrait réduire «de 90% les émissions annuelles actuelles», soit «10 000 tonnes d’équivalent CO2 par an». Le train devrait être testé dès 2023.
Le défi de la puissance
«C’est une solution tout à fait nouvelle, détaille Marc Granger, directeur stratégie d’Alstom. Nous avons déjà développé des trains à hydrogène pour les voyageurs, dont la puissance est moindre (250kW)». Pour le fret, il faudrait une puissance quatre fois supérieure, ce qui nécessite quelques ajustements. Le leader européen du ferroviaire va devoir développer un wagon générateur spécifique dans son usine de Belfort. Il maîtrise en revanche la technologie de la pile à combustible depuis plusieurs années. Des trains de voyageurs circulent déjà en service commercial en Allemagne.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Alstom envisage déjà de produire plusieurs wagons générateurs pour Nestlé ou d’autres chargeurs, en France puis en Europe. «A terme, si tout fonctionne comme prévu, on envisagera de basculer tous nos trains sur cette technologie», explique de son côté Christophe Arnould. Le coût de l'opération ne serait pas encore arrêté. Nestlé Water indique toutefois qu'il accepte en règle générale un surcoût de 10 à 15% par rapport au système existant pour accompagner la mise en place de la nouvelle technologie.
Pierre Henri Girard-Claudon, avec Olivier Cognasse



