Quel avenir pour l’usine de Vauxhall à Ellesmere Port, située à proximité de Liverpool en Angleterre ? Le bras-de-fer entre le gouvernement britannique et le groupe PSA, désormais allié à Fiat-Chrysler dans Stellantis, se poursuit. A la présentation des résultats financiers du nouveau constructeur automobile mercredi 3 mars, son directeur général Carlos Tavares a une nouvelle fois indiqué que des investissements seraient réalisés dans l’usine en échange d’un engagement ferme du Royaume-Uni.
"Nous nous apprêtions à faire des investissements pour un projet multi-énergies à Ellesmere Port au moment où le gouvernement britannique a annoncé vouloir interdire les moteurs thermiques en 2030" a-t-il tenu à rappeler. "Le marché britannique a besoin de véhicules électrifiés. Mais il se trouve que ces produits existent déjà ailleurs. […] Je ne peux doubler le sourcing au Royaume-Uni que si je suis soutenu dans mes investissements par le gouvernement britannique", a prévenu Carlos Tavares.
Malgré les excellents résultats de la "famille" PSA (Peugeot, Citroën, DS, et Opel-Vauxhall) en 2020, qui a mieux résisté à la crise que son partenaire Fiat-Chrysler (FCA), l'avenir de ce site britannique reste très incertain. A la présentation du projet de fusion en 2019, les dirigeants s’étaient engagés à ne fermer aucune usine. Reste à voir si un compromis sera trouvé entre Stellantis et l’exécutif britannique pour l’usine d’Ellesmere Port, qui emploie un millier de personnes.

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Moteur essence en Hongrie
Les interrogations sont nombreuses en Italie, où plusieurs sites affichent des taux d’utilisation faibles. Mais en France aussi, un vent d’inquiétude souffle sur les salariés de l’ex-groupe PSA de l’usine Française de Mécanique située à Douvrin (Pas-de-Calais). Fin février, les salariés ont appris que la future génération des moteurs essence EP (génération 3), attendue pour 2023, serait produite sur le site Opel de Szentgotthárd et non en France.
Dans un communiqué publié jeudi 4 mars, FO voit dans cette décision "un signal d’alerte inquiétant". "C’est l’avenir des usines mécaniques et brutes qui est remis en question et avec lui, celui de la production de moteurs thermiques et des composants associés, notamment les boîtes de vitesse. Les salariés de Metz, Trémery et Valenciennes sont ainsi particulièrement attentifs à l’actualité du site de Douvrin", met en avant le syndicat, majoritaire chez PSA-Stellantis.
Montée en puissance d’ACC
"D’ici à 2023, une partie des salariés de Douvrin assurera la montée en puissance de la production d’ACC", insiste une porte-parole de Stellantis. La coentreprise dans les batteries entre Stellantis et Saft, implantée sur une parcelle de Douvrin, prévoit en effet de lancer sa production fin 2023, avec la promesse de créer 350 à 500 emplois directs. "Le groupe se dit en capacité de reclasser les salariés, mais pour l’instant rien n’est acté", tempère Olivier Lefebvre, délégué syndical central FO.
"Que se passera-t-il à l’arrêt des deux autres moteurs encore produits à Douvrin ?", ajoute Franck Don, délégué syndical central CFTC. En plus du moteur EP génération 2, l’usine produit un autre moteur essence EB, ainsi qu’une version diesel DVR. Mais selon un autre syndicat, la CFDT, la production de ce dernier moteur doit cesser en 2022. A l’image des représentants italiens que Carlos Tavares a déjà eu l’occasion de rencontrer, les syndicats français ont aussi demandé à être reçus par la direction.
Réunion le 8 mars
Message entendu, puisqu’une réunion doit se tenir le 8 mars prochain, a indiqué FO. "Nous avons besoin d’éclaircissements pour comprendre la vision stratégique globale de Stellantis, la façon dont les productions seront organisées", témoigne Franck Don. "Des accords de compétitivité ont été signés depuis sept ans en France, les salariés font des efforts. Nous ne voulons pas que la planète France soit perdue dans la constellation Stellantis", confirme dans un jeu de mots Olivier Lefebvre.
Dans un entretien aux Echos, Carlos Tavares s’est voulu rassurant. "Les partenaires sociaux français n'ont aucune inquiétude à avoir sur le plan de charge des usines hexagonales", a-t-il affirmé. La présentation détaillée du plan stratégique de Stellantis n’aura lieu de son côté qu’en fin d’année, ou début 2022. Ce plan, le premier du nouveau constructeur automobile, doit permettre d’apporter une vision de long terme jusqu’en 2030.



