Orano pérennise son activité au Kazakhstan. Jeudi 3 juillet, le champion français de l’uranium a annoncé, par voie de communiqué de presse, l’inauguration d’une nouvelle usine de traitement sur sa parcelle de South Tortkuduk, pour l’exploitation de laquelle sa filiale locale, Katco (dont il détient 51% aux-côtés du géant Kazatomprom) avait obtenu un permis de développement industriel en 2022. South Tortkuduk fait partie du gisement de Muyunkun, exploité depuis 1997 par Katco dans la région du Turkestan au sud du pays, et qui produit selon l’industriel 7% de l’uranium mondial.
Retour à capacité en 2026
Au Kazakhstan, Orano exploite l’uranium par “récupération directe in site” (ou ISR). Une méthode consistant à injecter une solution acide directement dans le sol pour capter l’uranium avant de pomper le “jus” chargé en métal radioactif pour le récupérer et produire le fameux “yellowcake”, le concentré d'oxyde d’uranium à la base de la production de combustible nucléaire. C’est à cette dernière activité que se consacrera la nouvelle usine, édifiée en trois ans, dans les délais prévus, et proche du minerai exploité dans la nouvelle parcelle. Au total, Orano a investi 190 millions d'euros dans l’exploitation de South Tortkuduk, dont les réserves sont estimées à 46000 tonnes d’uranium.
«La production provenant de la parcelle de South Tortkuduk remplacera progressivement les zones actuellement exploitées», écrit Orano, qui estime gagner une quinzaine d’années de production avec ces nouvelles installations. Le champion des mines d’uranium prévoit ainsi de retrouver sa capacité nominale – 4000 tonnes – dans le pays dès 2026.
Touché par la pandémie de Covid-19 puis par une pénurie d’acide sulfurique, Katco n’a pas dépassé la barre des 3000 tonnes depuis 2019, n’atteignant que 2388 tonnes en 2024. Kazatomprom, le premier producteur mondial d’uranium, est lui aussi touché par la pénurie et prévoit de démarrer une nouvelle usine d’acide en 2027. La feuille de route annoncée par Orano semble annoncé que du côté de l'industriel français, le problème est désormais réglé.
S’il n’y a pas de lien direct, l’annonce tombe aussi à pic pour Orano, dont la mine de la Somaïr, au Niger, a été nationalisée le 20 juin, après près de deux ans de conflit entre l’industriel français et la junte au pouvoir à Niamey. A son pic, celle-ci pouvait représenter 2000 tonnes d’uranium. Une perte conséquente, mais qui n'inquiète pas Orano quand à sa capacité à fournir ses clients dans les prochaines années. Le groupe a notamment renforcé la production des deux mines qu'il exploite avec Cameco, au Canada, dont sont sorties 14000 tonnes d'uranium en 2024.



