EDF rachète une partie des activités nucléaires de General Electric, dont les turbines Arabelle

[ACTUALISE] EDF et General Electric ont signé un accord définitif relatif à l’acquisition par EDF d'une partie des activités nucléaires de GE Steam Power. Une opération qui concernerait 3 400 personnes dans le monde.

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Centrales nucléaire de Tricastin ilôt conventionnel EDF
EDF va racheter à GE ses activités de production et maintenance des équipements des îlots conventionnels des centrales nucléaires.

C’est officiel. EDF va bien racheter à General Electric les turbines nucléaires Arabelle, qui équipent les réacteurs du parc français, les EPR et certains réacteurs russes. EDF et GE ont signé vendredi 4 novembre un accord définitif, faisant suite à l'accord d'exclusivité du 10 février pour l’acquisition par EDF des activités nucléaires de GE Steam Power sur l’îlot conventionnel. Dans une centrale électrique nucléaire, l’îlot conventionnel comprend les pompes, les échangeurs de chaleur, les turbines à vapeur et l’alternateur.  

EDF va donc racheter à GE non seulement l’ingénierie et la production de ces équipements, mais également tous les services de maintenance associée. Une activité héritée du rachat du pôle Energie d’Alstom en 2015, et intégrée chez le groupe américain au sein de la division GE Steam Power. Aujourd'hui, les turbines à vapeur de GE Steam Power sont installées dans la moitié des centrales nucléaires au monde, et dans toutes celles d'EDF en France, indiquent les deux industriels dans un communiqué. GE Steam Power équipe aussi un grand nombre de centrales électriques à charbon dans le monde.

Les activités aux Etats-Unis restent à GE

Mais l’opération envisagée ne porterait que sur les équipements d’îlots conventionnels pour les nouvelles centrales nucléaires, dont les turbines Arabelle, ainsi que sur la maintenance et les mises à niveau des centrales nucléaires existantes, partout dans le monde, sauf aux États-Unis, où GE gère une base installée de plus de 100 GW. Les activités neuf et maintenance dans les centrales à charbon ne sont pas non plus comprises dans le projet. Ce qui obligera GE à réaliser un « détourage » de ses activités, mais présente plus de synergies industrielles pour EDF.

Les turbines à vapeur de GE Steam Power vendues à EDF pourront équiper les nouveaux réacteurs EPR au Royaume-Uni et en Inde, et des EPR2, la version optimisée pour le nouveau parc en France, mais aussi les projets de mini-réacteurs nucléaires SMR comme le projet Nuward. En revanche, l’américain conserve GE Hitachi Nuclear Energy, qui doit installer un premier SMR commercial, connecté au réseau, au Canada.

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Opération bouclée en 2023

Au total, ce sont 3 400 des 9 000 salariés de GE Steam Power dans le monde qui partiront chez EDF. Seront concernés, en France, ceux des sites de Belfort (Territoire de Belfort) où sont fabriquées les turbines Arabelle, de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) dédiées aux services et ceux Ludres (Meurthe-et-Moselle) spécialisés en électronique, à l’étranger, ceux de Rugby au Royaume-Uni et ceux de Sanand en Inde.

Pour les sites de Massy (Essonne), Marseille (Bouches-du-Rhône), Nantes (Loire-Atlantique) ou Villeurbanne (Rhône), il faudra attendre les précisions sur le découpage des activités vendues et conservées par GE. On ne sait pas non plus si les équipes intégreront celles d’EDF SA ou si une nouvelle filiale sera créée. La réalisation de l’acquisition est envisagée au second semestre 2023, selon un communiqué d'EDF. 

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