EDF «en reconquête» de production nucléaire mais «la pente est raide», selon l’un de ses dirigeants

Auditionné au Sénat, Cédric Lewandowski, le directeur exécutif en charge de la production nucléaire d’EDF, a déclaré jeudi 4 avril que la crise de la corrosion sous contrainte était «en cours de maîtrise industrielle» et que le groupe était en phase de «reconquête» du point de vue de la production nucléaire, après une année 2022 catastrophique. La crise devrait néanmoins continuer de freiner ses performances jusqu'à fin 2025, selon le dirigeant.

EDF n'est pas encore sorti d'affaire. Le groupe est en phase de «reconquête» de production nucléaire en France mais les corrosions détectées sur certains réacteurs continueront comme prévu de freiner ses performances jusqu'à fin 2025, a déclaré jeudi 4 avril Cédric Lewandowski, directeur exécutif en charge de la production nucléaire du groupe public. Evoquant les inspections et les travaux liés au phénomène, le dirigeant a déclaré lors d'une audition au Sénat que cette crise – dite de la «corrosion sous contrainte» – était «en cours de maîtrise industrielle». «Nos chantiers sont de plus en plus rapides, notre capacité de compréhension du phénomène est maintenant presque totale», a-t-il dit, ajoutant que la découverte récente de corrosions à la centrale du Blayais (Gironde) n'était «pas une surprise».

La production nucléaire progresse

Alors que la production nucléaire française s'était établie en 2022 à son niveau le plus faible depuis 1988 (à 279 TWh), en raison des problèmes de corrosion et de nombreuses opérations de maintenance classiques, EDF a bénéficié l'an dernier de son redressement, à un niveau de 320 TWh. «Après cet annus horribilis de 2022, nous sommes clairement en reconquête, et on l'a montré l'année dernière avec nos 320 TWh. J'espère qu'on fera mieux, évidemment, en 2024, et qu'on atteindra les 350 TWh en 2025», a déclaré Cédric Lewandowski, qui s'exprimait devant une commission d'enquête sur la production, la consommation et le prix de l'électricité aux horizons 2035 et 2050. «Nous remontons la pente, mais la pente est assez raide, parce que nous avons affronté une crise tout à fait exceptionnelle.»

Augmenter la puissance des centrales

En février, EDF avait confirmé ses objectifs de production nucléaire en France, dans des fourchettes de 315 à 345 TWh en 2024 et 335 à 365 TWh pour 2025 et 2026. Alors que le groupe envisage d'augmenter la puissance de ses centrales, Cédric Lewandowski a en outre déclaré que les modifications envisagées dans l'exploitation des réacteurs de 900 mégawatts (MW) étaient «relativement simples» et pourraient faire gagner 5 TWh à EDF. L'augmentation de puissance des réacteurs de 1 300 MW est en revanche «beaucoup plus complexe» et nécessitera environ sept ans d'études d'ingénierie, pour un gain espéré de 15 TWh. Cédric Lewandowski a aussi indiqué que le montant annuel de l'ordre de 5 milliards d'euros permettant d'assurer la maintenance courante des réacteurs d'EDF et de les prolonger, prévu jusqu'en 2028, semblait «assez réaliste» au-delà de cette date.

Avec Reuters (Reportage Benjamin Mallet ; édité par Nicolas Delame)

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