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Des mini-ateliers de transformation, en conteneurs, pour développer les productions à la ferme

A Mauvezin, dans le Gers, Fermalab industrialise un concept de mini-ateliers de transformation agro-alimentaire, entièrement intégré dans un container maritime standard. Après des yaourteries et une unité de crèmes desserts, la société gersoise décline toute une famille de micro-usines.

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Des mini-ateliers de transformation agroalimentaire, pré-assemblés en usine dans des containers maritimes chez Fermalab, dans le Gers et prêts à être livrés sur le mode "plug and play" à des exploitants agricoles.
Des mini-ateliers de transformation agroalimentaire, pré-assemblés en usine dans des containers maritimes chez Fermalab, dans le Gers à destination des exploitants agricoles.

Des mini-ateliers de transformation agroalimentaire, pré-assemblés en usine dans des containers maritimes et livrés sur le mode "plug and play" aux agriculteurs. C'est le concept original développé par Fermalab, à Mauvezin, dans le Gers. Après plusieurs unités pilotes de mini-yaourteries, testées en 2021, la société gersoise, créée fin 2019, a décidé de décliner le produit pour proposer toute une famille de micro-usines. Les prototypes sont prêts. L'industrialisation sera lancée à la rentrée de septembre 2022. Le début d'une nouvelle histoire industrielle boostée par la rencontre entre un spécialiste de la construction métallique et les fondateurs de la start-up J'Achète Fermier.

Une micro-usine prête à être expédiée. Fermalab
Une micro-usine prête à être expédiée. Une micro-usine prête à être expédiée.

Une micro-usine prête à être expédiée. © Fermalab

Coup d'envoi des mini-yaourteries

« La vente directe et les circuits courts ont la cote. De plus en plus d'agriculteurs souhaitent transformer eux-mêmes une partie de leur production à la ferme », explique Lilian Stigliani, fondateur et président de NTD France (17 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, 50 salariés). Le chef d'entreprise connaît son sujet. A la tête d’une entreprise de charpentes et structures métalliques, spécialisée dans la construction de bâtiments d’élevage, il est régulièrement sollicité pour installer des ateliers de transformation dans les fermes. « Mais les projets ne franchissent que rarement l'étude du devis. Trop chers, trop complexes aussi à mettre en œuvre », souligne Lilian Stigliani.

D'où l'idée de créer des micro-usines ultra-compactes, intégrées dans des conteneurs livrés à domicile, prêtes à fonctionner. La rencontre avec André Bonnard et François Henry va accélérer le développement du projet. Resan (Résilience Alimentaire Nationale), la start-up qu'ils ont créé à Nantes (Loire-Atlantique) en 2019, plus connue sous son nom de marque, "Né d'une seule ferme", planche aussi sur une solution clé en main de mini-yaourterie, proposée aux éleveurs laitiers dans le cadre d'un contrat de location.

Chaque mini-yaouterie est en capacité de transformer jusqu’à 50 000 litres de lait par an. J’achète Fermier
Chaque mini-yaouterie est en capacité de transformer jusqu’à 50 000 litres de lait par an. Chaque mini-yaouterie est en capacité de transformer jusqu’à 50 000 litres de lait par an.

Chaque mini-yaouterie est en capacité de transformer jusqu’à 50 000 litres de lait par an. © J’achète Fermier

« Nous sommes concepteurs et producteurs de l'outil de production et eux du service, c'est très complémentaire », résume Lilian Stigliani. Né d'une seule ferme, rebaptisée depuis peu J'Achète Fermier, elle s’occupe de l'accompagnement des projets jusqu'à la mise en exploitation des mini-yaourteries, y compris les agréments sanitaires, la formation et même une partie de la commercialisation, via un partenariat avec Intermarché, actionnaire de la start up. Huit yaourteries et une unité de crèmes desserts ont déjà été livrées en Bretagne, mais aussi dans l'Aisne, le Loiret, la Côte-d'Or et l'Isère. Equipée d'une cuve de pasteurisation, d'une conditionneuse, d'une étuve, d'une enceinte de refroidissements, d'un chauffe-eau et de tous les équipements de nettoyage, chaque mini-yaouterie est en capacité de transformer 50 000 litres de lait par an. La start-up nantaise, présente à Paris et à Saint-Etienne, compte commercialiser une trentaine d'unités par an d'ici deux à trois ans, toutes achetées à Fermalab. De son côté, la société gersoise ne compte pas en rester là. 

Une yaourterie en cours de livraison à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, en Bretagne. J'achète Fermier
Une yaourterie en cours de livraison à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, en Bretagne. Une yaourterie en cours de livraison à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, en Bretagne.

Une yaourterie en cours de livraison à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), près de Rennes, en Bretagne. © J'achète Fermier

Création de nouvelles micro-usines

« Nous avons musclé notre bureau d'études pour proposer une gamme complète de solutions de production à la ferme », explique Lilian Stigliani. Six premiers modèles ont été mis au point, dont un atelier de calibrage et d'emballage d'œufs, une unité d'abattage de volailles (jusqu'à 250 poulets par jour), un atelier de production d'aliments pour volaille semi automatisé et une mini-conserverie. D'autres projets sont encore à l'étude. « Les déclinaisons possibles sont presque infinies! », s'enthousiasme Lilian Stigliani.

Après les micro-yaourteries, Fermalab travaille à la mise au point de nouveaux modèles de micro-usines.Fermalab
Après les micro-yaourteries, Fermalab travaille à la mise au point de nouveaux modèles de micro-usines. Après les micro-yaourteries, Fermalab travaille à la mise au point de nouveaux modèles de micro-usines.

Après les micro-yaourteries, Fermalab travaille à la mise au point de nouveaux modèles de micro-usines. © Fermalab

L’ambition est de commercialiser une trentaine d’unités dès 2023. Fermalab peut compter sur la dynamique commerciale de NDT France, qui réalise 65 % de son chiffre d'affaires à l'international, pour l'épauler dans sa démarche. Egalement hébergée par NDT France, Fermalab prévoit sous deux ans la construction de ses propres ateliers et la création d'une vingtaine d’emplois.

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