Démarrage des travaux du CSIS avec une volonté de souveraineté sanitaire pour la France

La 9e édition du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) a été lancée le 11 février par le gouvernement. Les travaux de concertation s’étendront jusqu’en juin pour définir des mesures destinées à renforcer la souveraineté sanitaire de la France pour les médicaments existants et ceux d’avenir.

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Santé
Le gouvernement lance ce 11 février les travaux du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), dont les conclusions sont attendues fin juin.

Depuis 2004, le gouvernement et les industries de santé organisent régulièrement le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). Il permet à l’Etat de mieux comprendre les besoins et contraintes des seconds, et aux industriels de mieux intégrer les exigences et contraintes de l’Etat. Face à la pandémie, une 9e édition du CSIS est relancée, du côté du gouvernement, non pas comme un "exercice classique" mais dotée d’une "grande ambition", assure un porte-parole du ministère des Solidarités et de la Santé.

L’objectif est de s’accorder sur des mesures fortes, attendues pour fin juin prochain, pour garantir la sécurité et la souveraineté de la France, de la doter des outils pour assurer l’accès aux traitements actuels et futurs, et donc de renforcer son attractivité pour que les innovations médicales de demain puissent trouver des relais industriels sur le territoire.

La première réunion de lancement de ce 9e CSIS s’est déroulée ce jeudi 11 février, autour de trois ministres, ceux des Solidarités et de Santé, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et du ministère en charge de l’Industrie au sein du ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance. Et en présence également de cinq personnalités nommées pour mener les travaux de concertation avec les industriels de la santé, lesquels n’étaient pas conviés à ce premier rendez-vous.

Cinq personnalités aux commandes...

Le pilotage du CSIS, sous l’égide du Premier ministre et du président de la République, est confié à Agnès Audier, ingénieur des mines et spécialiste de l’industrie 4.0, à Muriel Dahan, docteur en pharmacie, inspectrice à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et membre notamment de la task force gouvernementale sur les vaccins, à José-Alain Sahel, professeur et entrepreneur spécialiste de l’ophtalmologie, à Lyse Santoro, docteure en immunologie et entrepreneuse, et à Jean-Charles Soria, médecin-chercheur oncologue professeur à l’université Paris-Saclay et directeur de l’Institut Gustave Roussy.

... Et cinq axes stratégiques

Le gouvernement a défini cinq axes stratégiques pour ce CSIS. Il est d’abord question d’assurer, en France, une recherche fondamentale d’excellence et multidisciplinaire. Les deuxième et troisième axes portent sur les moyens de catalyser l’innovation et d’accélérer l’accès au marché des traitements innovants. Le quatrième concerne l’industrialisation en France, avec la relocalisation de productions d’intérêt majeur mais il sera aussi question d’assurer la disponibilité de capacités pharmaceutiques pour pouvoir développer et produire les traitements innovants à venir. Enfin, le dernier volet porte sur le développement des formations et des compétences pour remplir ces différents axes.

Les enjeux de la bioproduction...

Côté industriel, le CSIS pourrait se pencher en particulier sur la bioproduction, soit la production de médicaments biotechnologiques, qui composeront l’essentiel des traitements d’avenir, en particulier contre les maladies graves et les pathologies rares. "La bioproduction est un enjeu majeur aujourd’hui et il faut qu’on la mette à l’échelle au niveau de la France. C’est un axe d’investissement industriel très important pour ces prochaines années", commente-t-on du côté du ministère en charge de l’Industrie.

...et de la recherche

Le CSIS devrait aussi se pencher particulièrement sur la recherche, relativement critiquée ces derniers mois dans le retard de solutions vaccinales made in France face à la pandémie de Covid-19. Un porte-parole du cabinet du ministère de l’Enseignement, de la Recherche et de l’Innovation, vante toutefois la "loi de programmation de la recherche qui va ré-armer le financement de la recherche publique sur les dix prochaines années, avec des moyens sans précédents de 25 milliards d’euros". Des moyens qui doivent notamment améliorer les salaires et redonner de l’attractivité aux carrières.

L’objectif est d’éviter les fuites de cerveaux et de projets innovants à l’étranger, où les moyens de financement de la recherche académique sont très souvent supérieurs à ce qui existe en France. Fin janvier, le Conseil d’analyse économique (CAE) avait ainsi indiqué qu’entre 2011 et 2018, la France avait réduit ses efforts de crédits publics pour la recherche fondamentale de 28%, à l’inverse de pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni qui les avaient augmentés, respectivement de 11% et 16%. En parallèle, le salaire moyen d’entrée dans la recherche se limitait à 63% de la moyenne des pays de l’OCDE…

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