La production de masques grand public en France poursuit sa montée en puissance… Mais cela suffira-t-il à répondre à la demande, en vue du déconfinement prévu à partir du 11 mai ? Tout dépendra des modalités précises de la réouverture des écoles, entreprises et commerces, qu’Edouard Philippe détaillera le mardi 28 avril devant l’Assemblée nationale.
Puisque les masques ne seront pas disponibles à l’infini, le port obligatoire devrait se limiter aux transports publics et dans les situations où la distanciation sociale est impossible, tandis que le télétravail restera largement encouragé.
Production en hausse

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Les usines françaises ont produit 41 millions de masques entre le 30 mars et le 26 avril, selon les données du ministère de l’Economie. Mais une grande partie de ces masques ont déjà été commandés par des entreprises ou des collectivités, et ne seront pas mis directement à disposition du public. La production va continuer à augmenter, et des importations vont s'y ajouter. L'Etat prévoit un total de 100 millions d’unités livrées à la veille du 11 mai – mais là encore, pas toutes pour le grand public.
En multipliant le nombre de masques par le nombre d’usages autorisés (de 1 à 20 grâce au lavage, selon les modèles), on arrive à un total d’un milliard d’usages uniques couverts, selon Bercy. Un mode de calcul qui, convenons-en, ne veut pas dire grand-chose, sachant qu’on ne peut pas utiliser ces masques plus de quatre heures d’affilée.
Multiples canaux de distribution
Où ces masques seront-ils vendus ? Les pharmacies peuvent théoriquement vendre des masques grand public, mais peu ont été livrées. Les buralistes vont aussi vendre des masques en tissu.
Les enseignes de la grande distribution (Auchan, Aldi, Carrefour, Colruyt, Cora, Groupe Casino, Intermarché, Leclerc, Lidl, Netto, Match, Système U) vendront des masques en tissu et à usage unique à partir du 4 mai. L’Etat accompagnera aussi les distributions de masques par les collectivités locales.
La Poste met en place un site de vente en ligne destinés aux petites et très petites entreprises, via les réseaux des CCI et des Chambres de métiers et d'artisanat. Les commandes y seront possibles dès le 2 mai. 10 millions de masques lavables seront disponibles via ce canal.
La vente de masque sera-t-elle rationnée pour permettre d'équiper le plus de Français ? "Je souhaite que différents distributeurs assurent une distribution organisée pour que le phénomène de sur-stockage vu pour certains produits lors du confinement ne puisse pas advenir pour les masques", indique Agnès Pannier-Runacher.
Certains publics particuliers (étudiants, malades chroniques) pourraient se voir fournir gratuitement des masques ; pour d’autres, leur achat pourrait être remboursé par la Sécurité sociale. Les entreprises devront fournir des masques à leurs salariés si elles ne sont pas capables d’organiser le travail en assurant l’indispensable distanciation et les autres mesures barrières.
Des prix encadrés ?
La secrétaire d’Etat n’écarte pas l’hypothèse d’un plafonnement du prix des masques. "J’ai demandé à la DGCCRF de me faire des propositions sur les prix, la disponibilité et la qualité des masques dans les 48 heures", indique-t-elle. Les masques n’étant pas standardisés, avec une large variété de matières, de formats et de modalités d’utilisation (avec jusqu’à 20 utilisations pour certains modèles), il est techniquement difficile de fixer un prix unique. "Il peut exister des écarts sensibles de prix liés à la nature de la matière première, au temps de confection", précise Agnès Pannier-Runacher.
Un logo, et des mentions obligatoires
Pour aider le grand public à travers une offre de modèles qui s’annonce foisonnante, l’Etat a mis au point un logo afin d’identifier les masques grand public. Seuls les fabricants ayant fait valider leur modèle auprès de la DGA (Direction générale de l’armement) auront le droit d’arborer ce logo, qui mentionne le nombre maximum de lavages.
Ministère de l'Economie Tous devront par ailleurs préciser le mode d'emploi, la catégorie du masque (catégorie 1: 90% de filtration des particules de moins de trois microns, catégorie 2 : 70%), les consignes d'utilisation et de lavage. 390 modèles créés par 290 entreprises françaises ont passé les tests avec succès. Leur liste est remise à jour régulièrement sur le site du ministère de l’Economie.
Il restera toujours possible de fabriquer soi-même son masque en suivant les préconisations et tutoriels de l’Afnor, qui a mis au point une "spécification" déjà téléchargée plus d’1,1 million de fois. Les magasins de tissu et fournitures de couture ont d’ailleurs été autorisés à rouvrir leurs portes pour permettre aux couturiers de s’approvisionner en matériel.



