Au vu des solides résultats annuels de Safran, la reprise du trafic aérien mondial ne fait pas de doute. L’équipementier aéronautique, qui a présenté ses données financières de l’année 2023 jeudi 15 février, a vu son chiffre d’affaires bondir de près de 22% à 23,2 milliards d’euros. Son résultat opérationnel courant s’est quant à lui établi à 3,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 31,5% par rapport à 2022 et son bénéfice net à 2,03 milliards d’euros (+72% sur un an).
Cette performance financière s’explique grandement par la reprise du trafic aérien (notamment du court et du moyen-courrier qui a retrouvé son niveau de 2019, avant la crise sanitaire) en 2023, et qui a entraîné une montée en cadence de sa production au cours des derniers mois. Le groupe a spécifiquement observé une forte demande en provenance de l’Inde et du Moyen-Orient pour des avions neufs.
Des problèmes d’approvisionnement qui persistent
Dans le détail, le chiffre d’affaires de sa division propulsion (moteurs civils et militaires, et turbines d’hélicoptères) a progressé de près de 25% grâce à l’importante demande en moteurs neufs, en services et en pièces de rechange. «Nos équipes ont fait preuve d’une agilité exceptionnelle, parvenant à augmenter significativement les livraisons malgré un environnement contraint dans la chaîne d’approvisionnement», a expliqué le directeur général du groupe Olivier Andriès, cité dans un communiqué.
L’équipementier se félicite d’avoir produit 1 570 moteurs Leap (qui équipent plus de la moitié des Airbus A320neo et la totalité des Boeing 737 MAX), soit 38% de plus qu’en 2022. C’est toutefois moins que ses prévisions de début 2023. Celles-ci anticipaient la fabrication de 1 700 moteurs, ce qui n’a pas eu lieu en raison des difficultés d’approvisionnement en matières premières comme le titane et l’acier. Olivier Andriès expliquait au mois de septembre que ces problèmes concernaient également les pièces moulées et forgées.
Les déboires de Boeing remettent en question les livraisons de Leap
Les autres divisions de Safran (Équipements et Défense et Aircraft Interiors) sont également en croissance de respectivement 17,3% et 32,8%. L’équipementier a par ailleurs enregistré une marge opérationnelle de 13,6% du chiffre d’affaires l’an dernier contre 12,6% en 2022, et un flux de trésorerie libre de 2,9 milliards de dollars contre 2,7 en 2022.
Pour 2024, année au cours de laquelle le long-courrier devrait renouer avec son niveau d’avant-crise, Safran table sur un chiffre d’affaires d’environ 27,4 milliards d’euros, un résultat opérationnel courant proche des 4 milliards d’euros et un cash-flow libre d’environ 3 milliards d’euros. Il s’attend à une hausse des livraisons des moteurs Leap de 20 à 25%. Les derniers déboires du 737 MAX de Boeing pourraient toutefois remettre en cause cette ambition car l'agence américaine de régulation de l'aviation civile a décidé de ne pas autoriser l’avionneur à monter en cadence pour le moment comme il avait prévu de le faire.



