A Cormicy (Marne), Capremib vient de finaliser un investissement de 6 millions d’euros afin d’accroître de 25% sa capacité de production grâce à un nouveau bâtiment de 2500 mètres carrés. L’installation, haute de 8,5 mètres et équipée de 32 tonnes de capacité de levage et dispose de bancs de préfabrication d’une capacité de 1000 tonnes contre 800 pour ceux déjà existants. Elle est aussi équipée de panneaux photovoltaïques, qui doivent couvrir 25% de ses besoins en électricité.
Franck Stassi Le nouveau bâtiment doit permettre de fabriquer des produits de plus grande hauteur (photo: Franck Stassi).
Filiale du groupe lorrain de BTP Demathieu-Bard, Capremib, fabricant de produits préfabriqués en béton (voussoirs, poutres pour charpentes et ouvrages d’art, écrans anti-bruit, infrastructures sportives…) a réalisé 28 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et compte 170 collaborateurs (avec Cibetec, une usine spécialisée dans les produits architectoniques). Elle affiche une production de 50 000 tonnes en 2023.
Des planchers béton incorporant de la fibre de bois
Franck Stassi Les dalles BB seront fabriquées à pleine capacité en juin 2024 (photo: Franck Stassi).
Avec sa nouvelle installation, le préfabricant béton s’attaque à de nouveaux marchés, tels que celui du bâtiment par l’intermédiaire de la dalle BB, un produit lancé il y a deux ans par le producteur francilien de matériaux en béton A2C, que Capremib fabrique sous licence. Jusqu’alors, Capremib réalisait 60% de son chiffre d’affaires dans l’ossature (poteaux, poutres, gradins…) et 40% dans le secteur du génie civil.
Franck Stassi Disposant de son atelier d'armatures, Capremib produit 3000 tonnes d'acier assemblé par an (photo: Franck Stassi).
«Actuellement, les planchers dans le bâtiment sont en béton armé, coulés en place ou en prédalles. Cela fonctionne très bien, mais cela consomme beaucoup de CO2», indique Romain Ray, chargé d’affaires dédié à la dalle BB, pour «bois-béton». Ce produit consiste donc en une dalle béton armé, avec de l’acier 100% recyclé, au sein de laquelle sont insérés panneaux d’isolant biosourcé en fibres de bois fournis par Pavatex, une filiale spécialisée de Soprema.
Annoncée comme jusqu’à 40% plus léger qu’un plancher béton traditionnel, la dalle, promise pour être jusqu’à 50% moins carbonée qu’un plancher béton traditionnel, constitue la réponse de Capremib à l’engouement des professionnels de la construction pour des produits estampillés «bas carbone». Cette tendance précède le déclenchement d’un nouveau seuil, en 2025, de la réglementation environnementale RE2020. Mis en œuvre dans le village olympique des médias en Seine-Saint-Denis, ce plancher affiche un surcoût de 30 à 50% par rapport à une solution traditionnelle. «Dans la mesure où les bâtiments doivent contenir des éléments biosourcés, la dalle permet d’incorporer cette dimension dès le départ», répond Clément Blanc, le directeur général de Capremib.
Des ombrières photovoltaïques aux pieds en béton
Franck Stassi Les armatures des supports pour panneaux photovoltaïques commencent à prendre forme (photo: Franck Stassi).
Autre nouveauté dont la production sera permise par la mise en service du bâtiment, une gamme de supports préfabriqués en béton armé pour la pose d’ombrières photovoltaïques. Un moyen de se positionner sur le marché ouvert par l’obligation de couvrir au moins 50% des surfaces des parkings de plus de 1500 mètres carrés, suite à la loi de mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables.
Fabriqués à partir de ciment CEM-III, au taux de clinker réduit, ces éléments consistent en des pièces autoportantes, sans avoir besoin de fondations. Les supports, qui se placent entre les rangées de parking, tiennent par leur propre inertie. Une armature en aluminium ou en acier assure la tenue des panneaux photovoltaïques. «Nous avons une bonne réputation sur la partie ‘bas carbone’. De plus, en bois, les supports ne pourraient pas être auto-lestés, engendrant des travaux supplémentaires», explique Clément Blanc.
Mecosun, une entreprise de Haute-Garonne spécialisée dans la pose de panneaux photovoltaïques, doit réceptionner les premiers produits de la part de Capremib en juillet. L’objectif est de s’adresser essentiellement aux zones commerciales, qui disposent de vastes parkings en extérieur.
À terme, Capremib n’exclut pas de fabriquer ces éléments avec du ciment sans clinker fourni par le fabricant vendéen Hoffmann Green Cement. Cette diversification doit également permettre à Capremib de faire face aux soubresauts du marché de la préfabrication béton, annoncé en repli de 20 à 25% en 2024 compte tenu des difficultés éprouvées dans la construction neuve.



