[Covid-19] Les soirées étudiantes pointées du doigt dans la fermeture des grandes écoles

Telecom Physique Strasbourg, Sciences-Po Paris, Centrale Lyon, l’Insa Toulouse… Plusieurs écoles ont fermé leurs portes suite à un nombre de cas significatifs de Covid-19. Interrogées, certaines d’entre elles expliquent que des soirées étudiantes auraient servi de point de départ.

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Sciences Po Paris
Sciences-Po Paris a fermé ses portes le 18 septembre après l'annonce d'une quarantaine de cas positifs.

A l’origine il y aurait une soirée dans le centre-ville de Lyon (Rhône), le samedi 29 août. Quarante-huit étudiants de l’École Centrale de Lyon se réunissent dans un appartement privé, deux jours avant leur rentrée. Ils sont heureux de se retrouver, car plus de cinq mois se sont écoulés depuis que leur école a fermé ses portes à la mi-mars. Quelques jours après ces retrouvailles, le 2 septembre, l'un des participants se déclare auprès de l'école comme positif au Covid-19. "Nous l’avons identifié comme cas zéro”, rembobine Frank Debouck, directeur de l'école Centrale de Lyon.

Plusieurs écoles passent en distanciel

Le virus se propage. Lundi 7 septembre, plusieurs élèves sont testés positifs. Les cas contacts sont isolés. Le vendredi 11 septembre, l’école passe en distanciel. Les cours seront assurés à distance pour les 1 800 élèves du campus pendant deux semaines minimum. A l’heure actuelle, 181 élèves ont contracté le Covid-19. “Nous nous attendons à ce que 15 à 20% de la population étudiante soit touchée, débute Frank Debouck, qui précise qu’une intense campagne de tests PCR bat son plein. “La moitié des cas sont asymptomatiques, d’autres ont une perte de goût et l'odorat ainsi que des symptômes grippaux, mais aucune forme grave.”

A l’instar de l’établissement lyonnais, plusieurs écoles ont cessé d'accueillir étudiants et personnels suite à un nombre de cas significatifs: 45 à Télécom Physique Strasbourg (Bas-Rhin), une quarantaine à Sciences Po Paris, 145 à l’Insa Toulouse (Haute-Garonne) (le jeudi 17 septembre). Respect des distanciations sociales, masques obligatoires, gel hydroalcoolique, mix entre distanciel et présentiel, les directeurs écoles affirment pourtant avoir scrupuleusement respecté des consignes sanitaires drastiques. “Un seul enseignant a contracté le virus et nous sommes quasiment certains que c'était avant de retourner dans l'établissement”, affirme Frank Debouck de Centrale Lyon.

Des week-ends d'intégration reorganisés

Du côté de l’INSA Toulouse, un point quotidien est organisé avec l’Agence régionale de santé pour faire le bilan de la situation. Là encore, les soirées étudiantes menées dans des cadres privés sont pointées du doigt. “Nous pensions que le message était passé, mais nous devons continuer à sensibiliser nos étudiants”, regrette le directeur de l’école Bertrand Raquet. Le passage en distanciel a cependant été facilité par les outils et compétences développés durant le confinement.

Ces différents clusters dans l’enseignement supérieur questionnent sur la tenue des soirées étudiantes. Centrale Supélec a annoncé il y a quelques jours avoir maintenu son week-end d’intégration. Il s'est tenu à Perpignan (Pyrénées-Orientales), au prix d'un dispositif sanitaire sur-mesure. "Il a été mis en place avec le concours de la préfecture des Pyrénées-Orientales afin de maîtriser les risques sanitaires. Avec une équipe organisatrice renforcée, des masques obligatoires, la visite des forces de l’ordre, la mise en place de carrés VIP limités à 10 personnes", explique l'établissement. A Centrale Lyon, la période d’intégration a été transformée en période d’accueil. "Une soirée d’intronisation, par demi-étage, en respectant au maximum les gestes barrières", synthétise Frank Debouck. Sûrement plus sage que les années précédentes.

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