Lorsqu’ils arpenteront la rue Voltaire du Kremlin-Bicêtre, les candidats aux épreuves écrites du concours de l’école d’ingénieur Epita suivront un parcours réglé comme du papier à musique. Marquage au sol, convocations espacées de quinze minutes pour réguler les flux, fléchages du parcours, distribution de masques : l’école s’est creusée les méninges pour respecter les consignes sanitaires. “Cette préparation s’est faite avec la coordination de l’Etat et de tous les responsables de concours, dans le cadre d’une commission pilotée par Caroline Pascal, chef de l’inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche”, détaille le directeur général d’Epita Joël Courtois.
L’école spécialisée dans le numérique inaugure ce 20 juin les concours écrits post-classes préparatoires.
Celui de Polytechnique, de Centrale Supélec ou Mines-Ponts suivront. Initialement prévu début mai, le concours commun Mines-pont se tiendra finalement du 8 au 10 juillet. En 2019, il avait rassemblé 15 955 candidats sur les différents sites ouverts aux quatre coins de la France. Face à la crise sanitaire, certains concours ont dû trouver de nouveaux centres d'accueil dans l'urgence. L’université Aix-Marseille, qui devait accueillir certains candidats, étant fermée, Epita a délocalisé cette antenne locale de son concours dans une autre école d'ingénieur : Centrale Marseille.
Masques, gels et distanciation sociale
Badredine Dougha, secrétaire général à Mines Nancy, en charge de l’organisation du concours commun Mines-Pont sur le site de Nancy, accueillera cette année 302 candidats, répartis dans 9 salles et encadrés par 38 personnes de l’école. “L’organisation n’était pas forcément plus dure, estime Badredine Dougha. La vraie difficulté était de connaître la date du déconfinement afin de mettre en place les adaptations nécessaires.”
Lot de masques et gel hydroalcoolique mis à disposition chaque jour, distance de plus d'un mètre entre les pupitres de chaque candidat... L’organisation a tout préparé pour le jour J. Les élèves devront porter un masque pour se rendre jusqu’à leur place et pourront ensuite l’enlever pour composer. Du côté d’Epita, aucun stylo ou autre matériel ne sera fourni aux candidats. “Nous avons prévu une salle spécifique pour accueillir les étudiants qui se sentiraient mal ou commenceraient à tousser”, complète Joël Courtois.
La question des déjeuners
L’un des problèmes les plus épineux soulevé par ces règles sanitaires concernait la tenue des déjeuners des candidats. Il est en effet impossible de les faire bénéficier des sites de restauration des établissements. A Mines Nancy, les élèves pourront se restaurer dans les enseignes situées autour du campus ou devront apporter leurs propres sandwiches.
L’Epita a elle prévu de distribuer des paniers repas à chaque candidat. Afin de leur permettre de déjeuner à l'air libre, la direction de l’école a imaginé une solution inédite. “La municipalité a pris un arrêté pour fermer la rue qui coupe nos deux bâtiments. Les étudiants pourront ainsi déjeuner dehors”, dévoile Joël Courtois. A chaque problème sa solution.



