Accueil des étudiants, masques, finances... Une rentrée universitaire aux multiples inconnues

Alors que les étudiants s'apprêtent à retrouver les campus dans un contexte de recrudescence de l’épidémie de Covid-19, la rentrée universitaire s’annonce particulièrement incertaine, tant du côté des élèves que des enseignants.

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université Paris Dauphine
L'université Paris-Dauphine

L’enseignement supérieur ne fera pas exception. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi 27 août que “le port du masque est désormais obligatoire dans tous les espaces fermés où se situent plusieurs personnes”. A l’université d’été de la conférence des présidents d’université (CPU), la gestion de la crise sanitaire et d’une potentielle seconde vague était au centre des débats. Conformément aux recommandations du Haut conseil de la santé publique, la CPU plaide pour un port du masque pour tous et en tout temps sur le campus.

“Certains établissements, notamment à La Réunion, ont anticipé cette mesure, dont les décrets et circulaires devraient être publiés dans les heures qui viennent", indiquait jeudi 27 août Olivier Laboux, vice-président de la Conférence des présidents d'université, précisant que "le masque ne se substitue en rien au respect des gestes barrières."

Un financement des masques au cas par cas

Cette obligation de conserver le masque soulève la question de leur financement. Mi-août, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) présentait son indicateur annuel du coût de la rentrée pour les étudiants. Un calcul marqué par l'apparition de frais supplémentaires pour l'achat de masques, évalués à 31,75 euros par mois. Dans la foulée, la FAGE demandait une prise en charge par l'Etat de ce montant. Olivier Laboux explique “que la tendance est plutôt à une aide des établissements pour les étudiants les plus précaires." Une décision notamment prise par l'université de Nantes. L'université de Lorraine a elle décidée de donner à chaque étudiant un kit sanitaire comprenant quatre masques en tissu et un flacon de gel hydroalcoolique lors de la rentrée. 

L’épidémie regagnant du terrain en France, les universités s'inquiètent également d’un possible reconfinement en cours d’année. Si chacune est libre de choisir la dose de distanciel qu'elle souhaite instaurer, la rentrée s’articulera entre une partie des cours en présentiel et une autre par ordinateur interposé. “Parfois, la distanciation physique sera possible à effectif constant, parfois, il faudra dédoubler les groupes, parfois, il faudra prévoir des modalités de cours à distance", résumait Arnaud Guével, vice-président Formation et ressources éducatives libres à l'université de Nantes, au micro de France Bleu.

Des budgets amputés

Pour Olivier Laboux de la CPU, une chose est certaine, l’épidémie et les mesures qui en découlent fragilisent la santé financière des écoles, prises en étau. D’un côté des surcoûts, liés au nettoyage des établissements ou à l'achat du matériel numérique indispensable au bon déroulé des cours à distance, de l’autre un manque à gagner dans les collaborations avec les entreprises, marqué par une baisse des investissements en R&D, de la taxe d’apprentissage ou des recettes de la formation continue. Une addition dont le montant ne devrait pas être connu avant la fin de l'année scolaire.

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