[Covid-19] La RATP peut dire merci à Île-de-France Mobilités

La RATP est l’opérateur de transport qui s’en sort le mieux avec une baisse modérée de son chiffre d’affaires. Mais ses résultats doivent beaucoup à l’autorité organisatrice d’Île-de-France.

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Catherine Guillouard pdg de la RATP
Catherine Guillouard, patronne du groupe RATP, a annoncé des résultats en demi-teinte.

"Les fondamentaux financiers du groupe sont solides. Nous avons maintenu tous les investissements prévus en Île-de-France qui se sont élevés à 2,2 milliards d’euros, soit une hausse de 3,4% par rapport à 2019, s’est félicitée Catherine Guillouard, la PDG du groupe RATP, lors d’un point presse jeudi 11 mars. Nous sommes complètement atypiques par rapport aux autres grands opérateurs mondiaux."

Pourtant, le trafic de la RATP a chuté de 43 % en 2020. Une érosion qui touche en premier lieu le métro (-50 %) et le RER (-47 %) alors que les transports de surface ont un peu mieux résisté (-33 % pour les bus et -35% pour les tramways). Mais le chiffre d’affaires n’a baissé que de 3,2 % à 5,5 milliards d’euros, soit un recul de 181 millions d’euros. "Or l’impact du Covid a été de 414 millions d’euros sur le chiffre d’affaires, de 356 millions d’euros sur le résultat net et de 338 millions d’euros sur l’endettement net consolidé."

Amortissement d’Île-de-France Mobilités

La RATP doit ses résultats en grande partie au partage des risques recettes avec l’autorité organisatrice Île-de-France Mobilités. En effet, le manque à gagner sur les recettes voyageurs est de 900 millions d’euros amortis à hauteur de 751 millions. Malgré les plans d’économies de 300 millions d’euros, les résultats se sont dégradés. Le résultat net est largement négatif (-134 millions d’euros), alors qu’il était de +131 millions d’euros en 2019. Le résultat opérationnel (Ebit) a chuté de 69 % en passant de +319 millions d’euros à + 99 millions d’euros. La dette nette a cru de 7% à 5, 544 milliards d’euros.

La crise sanitaire a engendré des surcoûts. Le budget consacré au nettoyage, à la désinfection et aux équipements sanitaires est passé de 97 millions d’euros en 2019 à 184 millions d’euros en 2020. Les effectifs dédiés à la propreté du réseau sont passés de 1 300 à 1 800 agents.

Une situation presque normale dans 12 à 18 mois

Et comment envisager l’avenir ? Catherine Guillouard est optimiste. "Le télétravail a bondi de 1,2 à 3 jours en moyenne (x 2,6), le report modal sur les modes doux ne concerne que des déplacements autour de 2 kilomètres et le trafic routier a été en partie redynamisé. Nous sommes actuellement en chute de plus de 30 % de notre fréquentation, mais nous devrions revenir dans les 12 à 18 mois à moins 10 %. Puis, nous récupèrerons l’intégralité de notre fréquentation avec la croissance urbaine et l’extension de notre réseau."

En dehors de l’Île-de-France, les filiales ont perdu un peu plus de 10 % de chiffre d’affaires. RATP Dev a vu son chiffre d’affaires reculer de 8,7 % à 1,2 milliard d’euros. Mais cette filiale a enregistré plusieurs succès sur des appels d’offres comme à Quimperlé, en Toscane avec la signature d’un contrat d’exploitation et de maintenance de l’ensemble des 3 000 bus et sur la ligne 3 du métro du Caire. Elle a créé une filiale Régionéo avec Getlink pour concourir sur les appels d’offres des TER et un partenariat avec le singapourien ComfortDelGro Transit et Alstom pour répondre aux appels d’offres sur le Grand Paris Express.

En octobre 2020, RATP Dev a repris les parts de Transdev dans la co-entreprise RDTA (RATP Dev Transdev Asia) et pris le contrôle de ses opérations en Asie, notamment de la filiale Hong Kong Tramways, qui "a retrouvé une activité normale".

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