L’association environnementale Respire met à exécution sa menace contre la RATP et porte plainte pour « tromperie aggravée » et « blessure involontaire ». Cette action fait suite à la publication de l'étude de Respire en janvier 2021 sur la qualité de l’air dans les métros de Paris (à consulter en intégralité à la fin de cet article), peu rassurante pour les Franciliens . Selon cette étude, les chiffres relevés par la RATP concernant la pollution aux microparticules ne reflèteraient pas la réalité. L'air des métros parisiens atteindrait en fait jusqu’à dix fois le seuil d’un pic de pollution en extérieur. Le syndicat dénonce un « scandale sanitaire » mais la RATP dément.
Des niveaux de pollution équivalents à New Delhi ou Pékin
L’étude réalisée par Respire et le Syndicat Autonome de la RATP (SAT-RATP) s’est déroulée du 24 septembre au 2 décembre 2020 dans plusieurs stations de métro de Paris. Elle révèle une grande diversité de situations de la pollution aux particules fines dont « les valeurs vont de 20 à 100 µg/m³ soit une échelle de 1 à 5, sans corrélation avec les données du réseau SQUALES" (les capteurs de la RATP). Pour rappel, le seuil d’alerte se situe à 80 µg/m³ et l’objectif de qualité, à 30 µg/m³.

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L’étude pointe surtout l’incapacité des capteurs de la RATP à identifier des pics de pollution aussi fugaces que considérables, qui atteindraient jusqu’à 500 µg/m³. « Nous avons des niveaux équivalents à New Delhi et Pékin», a assuré Olivier Blond, directeur de Respire, à l’occasion d’une conférence de presse mercredi 27 janvier.
En outre, l’association accuse la RATP de ne pas entretenir ses appareils, dont un se serait encrassé, et de ne pas publier les chiffres portant sur la station de métro Auber pour ne pas révéler les niveaux de pollution alarmants.
La RATP dément
De son côté, la RATP a aussitôt réagi en démentant les assertions de Respire. Concernant la station Auber, la RATP explique que ses appareils de mesure ont dû être retirés pour cause de travaux. « Les vibrations engendrées par les travaux perturbent également les analyseurs (mesure avec un quartz oscillant) et influent sur la qualité des mesures », informe la porte-parole de la RATP à L’Usine Nouvelle.
D’autre part, le réseau de transports rejette la pertinence des mesures de Respire qui n’aurait pas recouru à un « appareil de référence ».« Les résultats de ces appareils portatifs ne peuvent être qu’indicatifs et non véridiques», estime la RATP. Respire précise pour sa part que l’appareil utilisé, LOAC, a été élaboré par Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au LPC2E-CNRS à Orléans (Loiret). Ce même appareil enregistre la qualité de l’air depuis le Ballon de Paris.
Nouveaux systèmes de freinage et renouvellement des ventilateurs
Avant que l’association Respire porte plainte, elle déplorait le vide juridique sur la régulation de la qualité de l'air des métros. « Il existe une sorte de zone de non droit écologique en souterrain où la régulation sur la qualité de l’air en extérieur ne s’applique pas, estime Olivier Blanc. La CFDT a lancé un recours devant le Conseil d’Etat pour contester cette absence de réglementation et le Conseil d’Etat a ordonné au gouvernement de définir enfin des maximums légaux à l’intérieur du métro. […] A notre connaissance, rien n’a été fait. »
La RATP n’est cependant pas restée inactive ces dernières années. Plusieurs solutions commencent timidement à faire leurs preuves afin d'assainir l’air dans le métro. Le réseau de transports francilien rappelle qu'il poursuit l’installation de systèmes de freinage électriques qui réduisent jusqu’à 90% l’émission de particules fines. Des systèmes de ventilations installés par Suez ainsi que par la start-up Tallano permettent quant à eux d’aspirer les particules générées par sur les freinages.
Dans son communiqué du 23 mars 2021, la RATP ajoute qu'elle a engagé un plan d'investissement avec Île-de-France Mobilités de 2016 à 2020 d'un montant de 49 millions d'euros pour renouveler les ventilateurs parmi les 340 présents en tunnel.
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