Une note de préparation du prochain CSE prévu les 2 et 3 septembre prochains chez Fret SNCF a fuité dans la presse et plus précisément chez notre confrère Libération. Il y est évoqué la suppression d’une centaine de postes, soit environ 10 % des conducteurs de trains. Il s’agirait en fait de transférer ces postes dans d’autres entités du groupe qui ont actuellement des besoins.
Avec la réforme du ferroviaire et la création d’une nouvelle SNCF avec plusieurs sociétés anonymes, dont Fret SNCF, il n’est plus possible d’accumuler les dettes. Les compteurs avaient été remis à zéro. Mais personne n’avait prévu la crise liée au Covid-19.
Un chiffre d’affaire en baisse de 25 %
Chez Fret-SNCF, la perte de chiffre d’affaires devrait approcher 200 millions d’euros et l’endettement ne sera pas très éloigné de ce chiffre. Le chiffre d’affaires sera donc en baisse de 25 % par rapport au budget prévisionnel. Des chiffres déjà annoncés par Frédéric Delorme, président de la SAS Fret SNCF, à L’Usine Nouvelle, le 11 juin dernier : "Nous avions prévu d’atteindre l’équilibre en 2021. Un objectif repoussé à 2023. Nous avons un problème de trésorerie comme tous les acteurs du secteur. Entre les grèves et le coronavirus, notre chiffre d’affaire pourrait être affecté de l’ordre de 150 à 200 millions d’euros."
Les mesures annoncées fin juillet par le Premier ministre concernant la gratuité des péages pour 2020 ne devraient apporter qu’une trentaine de millions d’euros à Fret SNCF. Et la direction attend avec impatience les arbitrages du gouvernement à propos du plan de relance du fret ferroviaire.
Un mauvais signal pour la relance du fret ferroviaire
L’association 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur) qui regroupe quasiment tous les acteurs du secteur, a remis son plan de relance au gouvernement le 25 juin dernier. Il nécessite de lourds investissements, essentiellement sur les infrastructures, mais également des aides aux opérateurs. L’objectif est de doubler d’ici 2030 la part du ferroviaire en France dans le transport de marchandises en passant de 9 à 18 % de parts de marché.
Si la suppression d’une centaine de postes de cheminots se confirmait, ce serait évidemment un mauvais signal, alors que l’Europe veut développer le fret ferroviaire et que la Convention citoyenne pour le climat en a fait une de ses priorités.
Par contre, la direction de Fret SNCF conteste "la mise en sommeil" des autoroutes ferroviaires Calais - Orbassano (près de Turin) et Bettembourg (Luxembourg)- Barcelone. Les autoroutes ferroviaires tout comme le transport combiné ont été érigés en priorité par Jean Castex. L’activité a été arrêtée temporairement sur la première en raison de la chute d’activité liée à la pandémie, mais elle reprendra le 15 septembre. Quant à la seconde, elle fonctionne entre Bettembourg et Le Boulou près de Perpignan. Arrêtée mi-mars entre les Pyrénées-Orientales et Barcelone, ce tronçon ne devrait pas être réactivé avant 2021.



