Depuis le début de la mise en place des mesures de confinement, mardi 17 mars, la CGT s’est opposée au maintien de l’activité dans les usines françaises d’Alstom. La centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a posé un droit d’alerte pour "danger grave et imminent (DGI) global sur Alstom France….". Elle a transmis, le 19 mars, un courrier à la direction pour rappeler les conditions de protection insuffisantes des salariés.
A Belfort, Le Creusot, La Rochelle, Reichshoffen, Ornans, …des arrêts de travail ont eu lieu, des droits d’alerte déposés, des droits de retrait demandés par les salariés. Ces établissements ont été contraints à fermer l’essentiel de leurs activités. Selon la CGT, quelques effectifs ont été conservés pour certaines tâches indispensables, mais d’autres sites sont encore en activité. C’est notamment le cas d’Aix-en-Provence, de Tarbes, Vitrolles et du Petit-Quevilly.
"Chaque heure, de nouveaux « cas suspicieux » ou « cas confirmés » sont déclarés dans les équipes et les sites Alstom, amenant à des fermetures d’équipes, d’ateliers. Des dizaines de cas confirmés ou soupçonnés existent parmi les salariés Alstom, certains étant en situation grave à l’hôpital", indique le syndicat. La CGT réclame "le confinement de la plus grande majorité de salariés dont le travail n’a pas de fonction vitale à la vie du pays. On ne peut plus éliminer le virus, il faut l’endiguer."
La direction assure appliquer les mesures de sécurité
Pour la direction d’Alstom, cette lettre de la CGT "ne correspond pas à la réalité et procède d’une démarche de toute évidence nationale". Et de rappeler qu’une majorité de sites sont aujourd’hui fermés pour appliquer les mesures de sécurité "conformes aux recommandations données au niveau national et prises en concertation avec nos partenaires sociaux".
Elles comprennent la protection avec un retour au domicile des personnes considérées "à risque" au titre de leur santé (maladie chronique, diabète...) ou vivant avec des personnes "à risque", le passage en équipes 2X8 sans période de recouvrement, fermeture d’espaces de restauration collective, réaménagement d’ateliers pour les rendre conformes à la situation actuelle, …
"En cas d'impossibilité de mise en place de ces règles, par absence d'équipement ou par impossibilité physique, l'activité ne reprendra pas. C’est notamment le cas depuis la pénurie de masques et de gel sur l’ensemble des sites ou l’arrêt du nettoyage de certains sites du à l’absentéisme chez nos sous-traitant."
A ce rythme, il ne devrait plus rester dans les prochains jours que le personnel dédié à la maintenance du matériel roulant aujourd’hui opérationnel. Le reste de la production ne fait sans doute pas partie des activités vitales alors que les mesures de confinement devraient être renforcées. Mais le bras de fer entre la direction et la CGT n’est pas terminé. Le syndicat demande notamment le paiement de 100 % des salaires en cas de chômage partiel.



