Alors que le projet de loi de finances (PLF) est en discussion, l’Union des transports publics et ferroviaire (UTP) réclame qu'il intègre cinq mesures prioritaires pour le secteur. « L’énergie représente 10 % du coût du transport. Or les prix de l’électricité ont été multipliés par quinze, alerte Marie-Ange Debon, présidente de l’organisation patronale, à l’occasion de la présentation à la presse du Baromètre 2022, le 4 octobre 2022. Nous demandons donc à avoir accès à des tarifs régulés abordables. » L’UTP demande la création d’un mécanisme de compensation de la hausse des tarifs de l’électricité pour les gros consommateurs qui réalisent des missions d’intérêt général et participent à la décarbonation de la société.
La deuxième doléance est de renforcer le dispositif de soutien aux opérateurs de fret ferroviaire. « C’est le parent pauvre du fret qui est fortement impacté par la hausse du prix de l’énergie, rappelle Marie-Ange Debon. Le surcoût est de 55 millions d’euros pour 2022 et sera de 110 millions en 2023, soit quatre fois le montant de l’aide octroyée. »
6 milliards d’euros pour le réseau ferroviaire
La troisième mesure prioritaire concerne le réseau ferroviaire. Le ministre des Transports Clément Beaune a réaffirmé, ce même jour lors de son audition devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, que l’Etat consacre 2,9 milliards d’euros au réseau et qu’il annoncera dans les prochaines semaines des moyens supplémentaires. L’UTP réclame 6 milliards d’euros par an pendant le quinquennat pour « réaliser une partie du rattrapage nécessaire ».
En soutien au développement des transports urbains, l’organisation des acteurs des transports publics demande une dotation pérenne de 500 millions d’euros par an pour aider les Autorités organisatrices de la mobilité (AOM). Enfin, elle demande une aide de 100 000 euros pour l’investissement dans un bus à faible émission (électrique, biogaz…). Et de rappeler que l’Allemagne va subventionner la conversion des bus urbains à hauteur de 1,25 milliard d’euros sur deux ans.
1 milliard d’euros pour le POLT et Paris-Clermont
A l'Assemblée nationale, Clément Beaune a évoqué un montant total de 12 milliards d’euros pour les mobilités. D’autres sources de financements viendront compléter le budget de 9,8 milliards d’euros. Il a promis « un effort de 1 milliard d’euros pour deux lignes en difficultés – Paris-Clermont et Paris-Limoges-Toulouse (POLT) – afin de renouveler l’ensemble des rames et les infrastructures ». Pour 2023, un financement de 400 millions d’euros est également prévu pour le projet du Charles-de-Gaulle Express. Tous ces investissements sont nécessaires pour décarboner les transports, à commencer par « le transport ferroviaire, qui est la colonne vertébrale de la mobilité verte », dixit le ministre des Transports.
Bonne nouvelle pour le ministre et l’UTP, le Baromètre de la mobilité 2022 démontre un retour des Français dans les transports en commun, même si la fréquentation reste inférieure à son niveau de 2019 (59% des Français utilisent régulièrement les transports publics, contre 53% en 2021 et 73% en 2019). Mais les usagers réclament des transports plus fréquents et des réseaux plus étendus sur les territoires. Avec la pénurie de conducteurs, la tendance est plutôt à la baisse depuis la crise sanitaire. Pourtant, les personnes sondées louent très majoritairement les qualités environnementales des transports publics et s’engagent à les prendre davantage.
Les transports en commun, une solution économique
Il est étonnant de constater que 35% d’entre eux considèrent que les transports publics reviennent aussi cher ou plus cher que les déplacements en voiture. Une méconnaissance qui doit essentiellement concerner ceux qui n’utilisent jamais les transports du quotidien. Et l’UTP de rappeler qu’une voiture coûte en moyenne 420 euros par mois, alors qu’un abonnement en province coûte en moyenne 31 euros par mois et 75 euros en Île-de-France. Elle est toujours opposée à la gratuité, car ce modèle réduit l’offre et va « à l’encontre de l’équité sociale », au contraire de la tarification solidaire.



