[COP27] Emmanuel Macron refuse que le climat soit «la variable d’ajustement de la guerre lancée par la Russie»

A l’occasion de la séance d’ouverture de la COP 27 à Charm el-Cheikh, ce 7 novembre, le président de la République a refusé toute reculade sur le climat en raison du contexte international, et a affirmé son opposition à toute forme d'exploitation des grands fonds marins.

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Emmanuel Macron discours COP27 AFP NE PAS REUTILISER
Emmanuel Macron lors de son discours à la COP27, le lundi 7 novembre 2022.

La séance d’ouverture de la COP 27, ce lundi 7 novembre 2022, en Egypte, a été l’occasion pour le président de la République française de se poser en leader de la cause environnementale - lutte contre le réchauffement climatique et maintien de la biodiversité – à l’international. Il a rappelé que la communauté internationale avait rehaussé ses ambitions à Glasgow lors de la COP26 en 2021 et qu’il n’était pas question de changer de trajectoire malgré le contexte international de tensions sur les marchés de l’énergie. «Tout ce qui a été dit à Glasgow reste valable et le climat ne saurait être la variable d'ajustement de la guerre lancée par la Russie sur le sol ukrainien, a exigé Emmanuel Macron. Nous ne sacrifierons pas nos engagements climatiques sous la menace énergétique de la Russie ».

Il n’est donc pas question de dévier des objectifs du Green deal européen, et d'abandonner l’objectif de réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. L’urgence ne permet pas reculer à nouveau et Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU a employé l'expression forte de « suicide collectif » à propos de l’inaction et parlé d'un choix entre « coopérer ou périr ».

Un milliard d’euros pour aider l’Afrique du sud à sortir du charbon

Le chef de l'Etat français a réaffirmé l'une des annonces majeures de Glasgow, c’est-à-dire la sortie mondiale du charbon qui doit se traduire par une aide des pays riches pour permettre aux pays émergents de suivre rapidement cette voie. « La France investira un milliard d'euros pour aider l’Afrique du Sud », a-t-il déclaré, mais il compte également accompagner l’Indonésie, l'Inde et le Sénégal.

Il a ensuite insisté sur l’importance de la biodiversité dans la lutte contre le réchauffement climatique. « La France sera au rendez-vous de ses engagements et de son soutien contre toute exploitation des grands fonds marins, a martelé Emmanuel Macron. Il a également annoncé la tenue d’un One Forest Summit au premier trimestre 2023 à Libreville et co-organisé par la France et le Gabon. Parlant de «la nature comme meilleur alliée», il souhaite que les pays qui abritent souvent les écosystèmes avec des «réserves inestimables de puits de carbone» soient aidés pour les conserver et bénéficient d’un statut particulier.

Atteindre les 100 milliards de dollars pour aider les pays pauvres

Enfin, il est revenu sur les financements pour l’adaptation des pays les plus pauvres – ceux qui ont le moins contribué au réchauffement climatique mais qui en subissent le plus les effets - qui se font attendre, en parlant d’ «une confiance [qui] s’effrite entre le Nord et le Sud». Sur les 100 milliards de dollars promis depuis le sommet de Copenhague (COP15 en 2009), «82 milliards sont engagés» mais il faut convaincre les derniers grands pays qui n’ont pas contribué dans les prochains mois.

Un discours qui a convaincu Greenpeace sur l’interdiction d’exploiter les grands fonds marins mais qui laisse l’ONG dubitative sur l’absence de «mesure précise […] concernant les émissions de CO2 françaises ou européennes, pourtant beaucoup trop élevées», dénonce Clément Sénéchal, chargé de campagne climat chez Greenpeace France dans un communiqué, qui estime que sur «le sujet brûlant de ces négociations, Emmanuel Macron souhaite paralyser la COP27 : au lieu d’un accord pour un mécanisme de financement pour les pertes et dommages dès cette année, le président se positionne pour un énième dialogue parallèle sur le sujet, dont les travaux seront rendus plus tard. Or désormais, nous n’avons plus le luxe de perdre du temps». Surtout, il est reproché au chef de l’Etat d’apparaitre à l’international comme un leader de la lutte contre le réchauffement climatique alors que l’Etat français a été condamné pour inaction climatique.

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