Le Conseil d’administration de Suez a réitéré, mercredi 9 septembre, son opposition au projet de Veolia de prendre les 29,7 % de parts d’Engie avant de lancer une OPA." Le Conseil d’Administration de Suez apporte dès lors son plein soutien à l’équipe de direction dans la mise en œuvre de l’accélération du plan Suez 2030 ainsi que dans ses recherches d’une solution alternative à celle proposée par Veolia dans l’intérêt de la société et de l’ensemble des parties prenantes du groupe."
A l’Usine Nouvelle, Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint en charge des opérations de Suez a confirmé
"être totalement convaincu de notre plan stratégique. Suez est un leader des services à l’environnement et nous allons présenter un projet alternatif très prochainement qui sera créateur de valeur pour les actionnaires et maintiendra un ancrage français."
Deux fonds français dans le projet de Suez
Selon la Lettre A, Suez s’allierait à deux fonds français, Ardian et Antin Infrastructure Partners pour contrer Veolia. Une information non démentie par Suez. Selon un spécialiste du dossier, "la probabilité que Suez puisse gagner est devenue possible et a fortement remonté ces derniers jours. La publication des noms de ces deux fonds prouve que Suez prépare bien une offre alternative avec des prises de participations minoritaires qui ne remettront pas en cause la gestion du groupe."
La direction de Suez a toujours le soutien indéfectible des salariés. L’intersyndicale fait référence à un célèbre film français pour qualifier l’offensive d’Antoine Frérot, "le Tonton flingueur de l’environnement va disperser Suez façon puzzle". Elle évoque au moins 4 300 emplois supprimés en France et indique que 75% des activités en France seront revendues.
Certains évoquent au moins 10 000 emplois supprimés avec les synergies évoquées car le problème du monopole sur l’eau en France pourrait se reproduire dans d’autres pays comme le Maroc. Et Chez Suez, on est particulièrement remonté contre les déclarations d’Antoine Frérot qui assure que l’emploi ne sera pas touché par cette opération qui provoquerait le dépeçage de Suez.
Veolia soutenu par le gouvernement
Chez Veolia, le son de cloche est bien entendu différent. Au siège à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), la direction peut se réjouir du soutien du gouvernement. Après Bercy et Matignon, c'est au tour de la désormais ministre du Travail, Elisabeth Borne, de se prononcer en faveur de l'opération.
Et il est de bonne guerre de rappeler qu’à plusieurs reprises, notamment en 2013, les dirigeants de Suez étaient favorables à cette fusion. Elle avait échoué pour une position dominante dans l’eau et les déchets, notamment en France. Aujourd’hui, la situation n’a pas changé. D’où, la cession envisagée de l’activité eau au fonds Meridiam, un fonds spécialisé dans les infrastructures dont la caractéristique est de ne pas revendre ses parts après quelques années. Et certains observateurs rappellent que Bertrand Camus, le directeur général de Suez, ne se pose pas la question de l’emploi quand il a décidé de céder 3 à 4 milliards d’euros d’actifs et qu’il est prêt à vendre à son rival Veolia, sa filiale Osis, qui emploie 2 500 personnes.



