Difficile d’être plus clair. A l’occasion de la présentation des résultats 2019 et de la nouvelle stratégie Impact 2023, ce vendredi 28 février 2020, au siège du groupe à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Antoine Frérot, le PDG de Veolia, a affirmé avec fermeté qu’il n’y a "pas dans notre plan stratégique de rapprochement avec Suez. Depuis huit ans, tout le chemin effectué, nous l’avons fait avec nos seules forces, rappelle-t-il. Nous n’avons besoin de personne".
Si le plan stratégique pour les quatre années à venir ne ferme pas la porte à de la croissance externe, au contraire, elle pourrait représenter 60% des 5 milliards d’euros d’investissements prévus par le groupe d’ici à 2023.
3 milliards d’euros de cessions
Un plan qui prévoit aussi 3 milliards d’euros de cessions sur les activités les moins rentables, dont 1 milliard a déjà été réalisé en fin d’année dernière avec la vente de réseaux de chaleur aux Etats-Unis. Car le groupe veut se concentrer sur les activités à forte valeur ajoutée.
L’objectif financier de ce plan à quatre ans est de réaliser 1 milliard d’euros d’économies, un Ebitda de 4,7 à 4,9 milliards d’euros et un endettement net ne dépassant jamais le niveau de trois fois l’Ebitda.
"Nous pouvons rester optimiste, a déclaré Antoine Frérot, le PDG du groupe. Car chez Veolia nous avons les compétences et les solutions pour agir efficacement. Notre programme stratégique identifie les savoir-faire du groupe qui pourront être les plus utiles pour répondre aux grands enjeux du monde. Les métiers que nous maîtrisons permettront de contribuer pour 30 % à la réduction des émissions fixées par l’Accord de Paris."
Entreprise de référence de la transition écologique
"Jamais la priorité environnementale n'a été aussi forte dans le monde, et notre plan veut faire de Veolia l'entreprise de référence pour la transition écologique, avec comme priorité la recherche de l'impact maximal, qu'il soit sociétal, environnemental et financier", précise Antoine Frérot.
Veolia entend "accélérer" sur la gestion des déchets dangereux, le recyclage des plastiques, l’efficacité énergétique des bâtiments et des sites industriels, la valorisation de matières et la gestion de l’eau, notamment la réutilisation des eaux usées. D’autres activités doivent être "développées raisonnablement et optimisées", c’est le cas des métiers traditionnels comme les réseaux de chaleur en Europe qui doivent être décarbonés, ou la gestion de l’eau municipale. Par contre, Veolia veut se retirer de la construction des usines de dessalement, en s’associant à des entreprises pour le génie civil afin de ne plus développer que la partie technologique. Mais il compte bien jouer un rôle dans le démantèlement des centrales nucléaires, activité qui va se développer dans les prochaines années.
Les 5 milliards d’euros d’investissements s’adresseront pour les deux tiers à une clientèle industrielle et pour un tiers à une clientèle municipale.
Veolia veut aussi réduire ses émissions de CO2 et celles de ses clients. Mais "nous refusons de vendre nos réseaux de chaleur en Europe centrale qui sont alimentés avec du charbon, prévient Antoine Frérot. Ce serait hypocrite et irresponsable. Nous les transformerons avec des énergies propres et essentiellement renouvelables." Il espère d’ailleurs que le Green Deal va permettre d’accélérer car l’Europe a promis d’aider les projets pour sortir du charbon.



