La France entend tripler le nombre de tests de dépistage du Covid-19, pour atteindre près de 30 000 tests par jour d’ici début avril. Aujourd’hui, 19 tests sont autorisés et disponibles sur le territoire français, selon la liste arrêtée au 23 mars par la Direction générale de Santé (DGS). Une liste qui pourra s’élargir en fonction de l’arrivée sur le marché de nouveaux produits. Tous sont des tests de diagnostic moléculaire, dits PCR, pour « polymerase chain reaction », qui permettent à partir d’un prélèvement nasopharyngé chez un patient d’extraire des séquences ADN, de les amplifier et de détecter la présence du ou des virus ciblés.
Dans la liste, on trouve seulement deux sociétés françaises : AAZ et Biomérieux. Dans la grande majorité, les producteurs sont d’origine asiatique, notamment sud-coréens (Seegene, SD Biosensor, Osang), chinois (Sansure Biotech, Amoy, Suzhou Tianlong Biotechnology) ou encore singapourien (Credo/Trentron). La liste est ensuite exclusivement européenne avec des producteurs allemands (Gerbion, Immundiagnostik), suisse (Roche Molecular Systems), espagnols (Certest, Vittassay), et turc (Anatolia Geneworks).
Le franco-britannique Novacyt produit au Royaume-Uni
Au total, trois acteurs français sont impliqués. Novacyt, d’origine franco-britannique, a été l’un des premiers à dégainer pour le dépistage du Covid-19 avec sa filiale PrimerDesign basée à Southampton, au Royaume-Uni. Face à la demande mondiale pour son test, qui a notamment été homologué en France, dans de nombreux pays européens, dans certains pays d’Asie, et aussi aux Etats-Unis dans le cadre d’une procédure d’urgence le 23 mars, Novacyt a dû accroître ses capacités de production. En plus de ses productions à Southampton, le groupe a conclu un accord le 25 mars avec un façonnier, Yourgene Health, pour une production additionnelle de son test à Manchester, toujours au Royaume-Uni.
Biomérieux produit dans l'Ariège
Sur le sol français, seuls deux producteurs sont implantés, tous les deux sous pavillon tricolore. AAZ, basé à Boulogne-Billancourt et Biomérieux. Ce dernier, leader français du diagnostic, a démarré la production d’un premier test, SARS-CoV-2 R-Gene, sur son site de Verniolle, dans l’Ariège. Ce test est désormais disponible en France selon le groupe, et pourrait aussi être mis sur le marché américain avec une demande en cours pour une autorisation sous procédure d’urgence. Outre-Atlantique, Biomérieux a déjà obtenu une homologation d’urgence pour un autre test, le Biofire Covid-19, développé avec le ministère américain de la Défense et qui est produit sur son site américain de Salt Lake City, aux Etats-Unis. Le groupe français travaille sur un troisième test de diagnostic moléculaire, qui serait produit aussi aux Etats-Unis.
Eurobio Scientific produira dans l'Essonne
Le 25 mars, le groupe français Eurobio Scientific a annoncé de son côté l’obtention du marquage CE pour son propre test de détection du SARS-CoV-2. Cette production est en cours de démarrage sur le site du groupe aux Ulis (Essonne). Eurobio Scientific prévoit des capacités initiales de 20 000 tests par jour, avec la perspective de pouvoir les tripler selon la demande.
Isabelle Tongio, présidente du Syndicat de l’industrie du diagnostic in vitro (Sidiv), estime que les "sociétés sont entièrement mobilisées, comme l’ensemble de la chaîne de soins. Il y a 19 tests disponibles, 120 laboratoires mobilisés pour les analyses en France, on voit bien l’effort industriel mis en place". Elle évoque également une coopération étroite des distributeurs et des producteurs de tests en France "sur le terrain pour aider les laboratoires" et "avec les autorités de santé publique et le gouvernement".



