La France entend "multiplier et démultiplier le nombre de tests sur le territoire", a promis le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, mardi 24 mars au soir. Dans la foulée de cette annonce, Jérôme Salomon, directeur général de la Direction de la santé (DGS) a indiqué que les capacités actuelles de tests de dépistage du Covid-19 allaient passer de 9 000 par jour à 29 000 quotidiennement en fin de semaine prochaine (semaine du 30 mars).
Techniquement, Jérôme Salomon a précisé que l’État avait acquis des automates pour multiplier les tests. Ce qui permettra d’augmenter de 10 000 le nombre de tests dès la fin de cette semaine du 23 mars, et d’en ajouter près de 10 000 de plus par jour la semaine suivante.
Des capacités à hauteur des plus grands pays
"Nous sommes très attentifs, le ministre l’a demandé et le président de la République aussi régulièrement, à ce que la France ait des capacités de tests à la hauteur des plus grands pays du monde", a ajouté Jérôme Salomon. Ce changement tranche nettement avec la politique menée ces dernières semaines, qui s’appuyait davantage sur une stratégie syndromique, donc en favorisant la reconnaissance des symptômes et en limitant les tests aux personnes semblant souffrir de formes sévères du Covid-19.
L’extension par trois des tests va permettre d’aligner les capacités de tests de la France avec des pays champions des tests depuis le démarrage de l’épidémie, comme l’Allemagne. L’objectif est aussi de "favoriser l’accès aux tests dans les hôpitaux", a précisé Jérôme Salomon.
Biologie moléculaire
L’augmentation rapide à venir du nombre de tests de dépistage s’accompagne en parallèle d’une amélioration de la logistique afin de mieux sécuriser le parcours entre les laboratoires d’analyse et les lieux de prélèvements des échantillons sur les malades. Les tests actuels sont dits PCR, pour polymerase chain reaction, et fondés sur la biologie moléculaire. À partir de prélèvements de la muqueuse nasale notamment, la méthode consiste à en extraire et en amplifier de l’ADN ou de l’ARN afin de détecter des agents pathogènes, comme les virus.
La DGS prévoit aussi d’utiliser d’autres types de tests, comme des autotests et des tests rapides, en fonction du développement et de la mise sur le marché de nouveaux tests pour le dépistage du nouveau coronavirus.
Tests sérologiques à grande échelle après l'épidémie
La DGS songe aussi à la fin de l’épidémie, et prévoit dans ce cadre les tests sérologiques à grande échelle. Ces tests, effectués à partir de prises sang et qui "se mettent en place en France" selon Jérôme Salomon, permettront d’identifier des anticorps contre le SARS-CoV-2, le coronavirus responsable du Covid-19, et d’identifier les personnes immunisées. Les résultats permettront de définir, selon la DGS, le taux d’immunisation de la population contre le SARS-CoV-2, et donc d’identifier des risques en cas de la survenue d’une nouvelle épidémie.



