En investissant 10 millions d’euros, Thierry Emin, fondateur du groupe Khepri, devient l’actionnaire majoritaire de l’entreprise de bas et de collants Divine installée dans l’Yonne avec une vingtaine de salariés. Il engage également une démarche de relocalisation de l’activité industrielle textile dans l’Ain.
«J’étais en contact avec Divine pour intégrer la fabrication de collants à notre société Billon et dans le cadre d’un projet de recyclage des collants. Le dirigeant m’a parlé de ses problèmes d’actionnariat étranger, en particulier biélorusse dans un contexte de conflit en Ukraine.» Thierry Emin négocie alors la reprise pour acquérir les parts biélorusses, devenant l’actionnaire majoritaire d’une entreprise qui représente, en valeur, 3% du marché français du collant.
Une acquisition qui va s’inscrire dans son objectif de concevoir un textile made in France. L’enveloppe de 10 millions d’euros intègre donc le rachat des parts ainsi que deux projets d’envergure : le développement d’une nouvelle technologie de tricotage, et la construction d’une nouvelle usine pour réduire l’empreinte carbone d’une production française d’un bout à l’autre de la ligne.
Investir en France
Divine Thierry Emin va engager deux millions d’euros pour investir dans une technologie de tricotage sans couture, dite "seamless". Il entend ainsi être le premier à détenir ce procédé dans l’univers du vêtement de sport en France par l’intermédiaire de l’entreprise Billon, experte dans le tricotage de la maille, dans l’Ain. En parallèle, il prévoit la construction d’une usine de 5 000 mètres carrés en Plaine de l’Ain pour réunir sur un même site ses différentes activités : l’entreprise Billon et la société Alberti, spécialiste de l’ennoblissement et de la teinture qui réunissent une trentaine de salariés. « Le futur site est attendu d’ici 24 à 36 mois », précise Thierry Emin.

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Avec l’acquisition de Divine, le dirigeant entend décarboner les productions en rapatriant la teinture et la finition intégrant le formage et le packaging, dans l’Ain. La fabrication, jusque là dévolue à la Biélorussie, a quant à elle été rapatriée en Italie en attendant la mise en route de l’usine. «Nous devons suivre la tendance attendue par nos clients de produire en France. Nous allons également renforcer Divine avec une gamme de maillots grâce à la force industrielle du groupe et prévoyons un investissement autour du tricotage des collants en 2024. »
Thierry Emin aspire également à ce que Divine lance une gamme de produits seamless et des socquettes grâce aux sociétés de l’Ain pour ouvrir la marque à de nouveaux segments de marché. Le site de l’Yonne continuera quant à lui à assurer le stockage et la distribution des produits Divine vers sa clientèle, composée principalement de grandes surfaces. « Nous avons la volonté d’aller sur le terrain du digital, de renforcer la France et de reprendre des parts de marché à l’international car les collants français gardent une renommée, en Asie en particulier », détaille le chef d’entreprise. Pour l’heure, Divine fabrique 600 000 à 700 000 paires de collants par an pour un chiffre d’affaires 2021 de 2,5 millions d’euros, espérant atteindre 3,6 millions d’euros en 2022. « Avec ces investissements, nous devrions compter une centaine de salariés d’ici trois à cinq ans dans l’Ain. »
Développer le recyclage
Le groupe Khepri porte d’autres objectifs pour les collants Divine, espérant développer une filière de recyclage. L’entrepreneur œuvre pour mettre au point une technologie visant à séparer le polyamide, composant du nylon, et l’élasthanne alors que 104 millions de paires de collants sont jetées chaque année et que le nylon met entre 30 et 600 ans pour se décomposer. « D’ici 2024 – 2025, nous investirons pour industrialiser le process qui vient d’être labellisé Deep Tech par Bpifrance. »



