Dans le Nord, l’usine de jeans du groupe Mulliez sort de terre

FashionCube Denim Center, le projet de fabrication locale de jeans, se concrétise à Neuville-en-Ferrain (Nord) avec l'achèvement de la construction de l'usine fin 2021. Les machines arrivent mi-décembre pour un début de production en février 2022.

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Usine Fashion Cube
Le Fashion Cube Denim Center a un toit... Les machines vont suivre.

Pour l'instant, il faut encore un peu d'imagination pour se projeter dans cet immense bâtiment neuf vide de 6000 m², situé à Neuville-en-Ferrain dans le Nord. D'ici à quelques semaines, il va accueillir une cinquantaine de machines dédiées à la coupe, la confection, le délavage et la finition de jeans. Car c'est ici que se situe la future usine du FashionCube Denim Center, ce projet de relocalisation industrielle portée par la galaxie Mulliez (la famille derrière Auchan, Flunch, Decathlon, mais aussi Kiabi, Pimkie, Jules...)

L'usine, installée sur 3 100 m² dont 2 500 m² d'activité (le reste du bâtiment n'ayant pas encore trouvé preneur), a fait l'objet d'un investissement de 3,5 millions d'euros (dont 400 000 euros d’aides de la région Hauts-de-France et 400 000 euros par la Métropole de Lille). «On projette la fabrication de 129 000 jeans en 2022, indique Christian Kinnen, chef du projet. Et de 410 000 par an dès 2024. C'est ambitieux, mais il faut l'être. Nous pensons que le FashionCube Denim Center est une réponse aux attentes des clients, de plus en plus soucieux des questions environnementales et sociales. »

Pour répondre à ces préoccupations, l'usine met en avant des procédés plus respectueux de l'environnement. «La production se fera à la demande. Nous produirons les quantités que les marques sont capables de vendre pour être au plus près du besoin des clients, explique Anne-Laure Roger, directrice de l'usine. Nous avons également fait le choix de process les plus respectueux possibles de l'environnement, avec par exemple un délavage au laser et à l'ozone qui consomme six fois moins d'eau par rapport à un process classique.»

Devenir un « manufacturer to consumer »

Les premiers jeans confectionnés ici sont pour Jules, une des six marques du groupe FashionCube, avec Grain de Malice, Bizzbee, Orsay, Pimkie et RougeGorge. Ce modèle est baptisé « le cinq neuf » en hommage au département du Nord. Il s'agit d'un jean en toile 100% recyclé, « made in Nooord », comme l'indiquera une étiquette brodée à l'intérieur. Il sera vendu 59,99 euros, contre 49 euros pour un modèle importé d'Asie chez Jules. Il coûte pourtant deux fois plus cher à fabriquer. Mais le groupe compte économiser sur le transport, notamment.

24 opérateurs, surnommés les « jeanners », viennent d'être recrutés. Ces personnes, pour certaines en réinsertion, pour d'autres issues d'un quartier prioritaire de la ville, sont formées jusqu'au 18 février. Elles seront ensuite rejointes par une cinquantaine de collaborateurs en juin. Une nouvelle phase de recrutement est prévue début 2023, pour atteindre à terme un effectif d'une centaine de salariés.

«Jules va nous permettre de démarrer les trois premiers de production. Les trois autres seront dédiés à une production pour Pimkie. Ensuite, nous verrons comment les clients réagissent à cette fabrication locale. Nous sommes, certes, au service des marques de notre groupe, mais sommes ouverts à d'autres car notre souci est d'avoir des lignes de production remplies. A terme, notre véritable ambition est de passer d'un système BtoC à un système MtoC, pour manufacturer to consumer », espère Christian Kinnen.

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