Comment la PME alsacienne Wattwiller a atteint la neutralité carbone

Le spécialiste des eaux sans nitrates, qui a déjà atteint la neutralité carbone, veut encore réduire sa consommation d’énergie et verdir ses emballages.

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D’ici à 2030, l’industriel fabriquera toutes ses bouteilles en plastique recyclé pour diminuer encore son empreinte carbone.

La PME Wattwiller n’a rien à envier aux géants de son secteur… Du moins en termes d’objectifs environnementaux. L’entreprise alsacienne, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2019 pour 69 millions de litres d’eau vendus, vient, quelques semaines après Evian, d’annoncer sa neutralité en carbone. Cette certification est le résultat d’une transition énergétique entamée dans les années 2010 par la filiale de l’ETI familiale belge Spadel.

"Nous avons procédé à une analyse du cycle de vie de nos produits pour identifier les domaines contribuant le plus à notre empreinte carbone", explique Valérie Siegler, la directrice générale de Spadel France. Cette étude a abouti à l’abandon des énergies fossiles pour passer à une électricité 100 % verte sur le site de conditionnement, où travaillent 52 salariés.

L’entreprise, qui s’est fixé pour mission de ne jamais puiser plus que ce qui est naturellement renouvelé chaque année, est aussi passée à l’éclairage LED et a opté, dès 2014, pour des chariots de manutention électriques. Enfin, à l’occasion d’une rénovation du bâtiment de stockage, Wattwiller y a supprimé le chauffage pour ne plus chauffer que les cabines des opérateurs plutôt que l’ensemble des bâtiments.

Travail sur le packaging

Résultats : entre 2010 et 2018, les émissions globales de CO2 par litre d’eau embouteillée ont diminué de 26 %. "Notre site était neutre en carbone sur ses scopes 1 et 2 dès 2016", rappelle Valérie Siegler. Restait à travailler sur les émissions indirectes tout au long de la chaîne de valeur (scope 3).

Comme pour tous les fabricants d’eau en bouteille, le plus grand défi de Wattwiller repose sur les plastiques. "Le packaging représente près de la moitié de notre empreinte carbone, qui est encore équivalente à 10 000 tonnes de CO2", détaille la responsable. La PME a d’abord entrepris de réduire le poids des bouteilles. Elles sont, en moyenne, 20 % moins lourdes que lors du lancement de la marque en 1993. "Nous continuons de travailler sur ce front, notamment pour nos formats 1 litre et 50 centilitres", précise Valérie Siegler. La marque a également été la première, en 2017, à utiliser un film de suremballage en matière 100 % recyclée. Les émissions résiduelles sont, quant à elles, compensées via un partenariat avec Water for Rwanda, qui réhabilite 40 puits de forage dans le pays.

Fort de sa nouvelle certification, Wattwiller entend poursuivre ses efforts et réduire de 42 % son empreinte carbone d’ici à 2030 (par rapport à 2019). Pour atteindre cet objectif, la PME compte notamment sur la conversion de 100 % de ses bouteilles en rPET. Sur le marché tendu de cette nouvelle matière première, elle fait face aux géants Danone et Nestlé. "Il y a un enjeu de disponibilité, mais les achats se font à l’échelle du groupe Spadel, ce qui nous donne plus de force", assure la directrice générale.

À l’heure actuelle, aucune des bouteilles produites par les six marques du groupe n’est en plastique recyclé. "Il s’agit de trouver le bon partenaire et le changement pourra se faire d’un seul coup", veut-on croire chez Wattwiller. Objectif pour Spadel : réduire l’empreinte sur le plastique à usage unique de 15 % d’ici à 2025.

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