Comment la deeptech Micropep veut apporter des solutions alternatives aux pesticides

Le spécialiste des biotechnologies dédiées au végétal annonce aujourd’hui une levée de fonds de 8,75 millions d’euros. Une somme qui lui permettra de préparer son passage à l’échelle industrielle pour proposer une alternative aux pesticides, sur des marchés ciblés, dès 2025.

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Micropep
La start-up Micropep, utilise les micropeptides pour moduler l'expression des gènes des plantes.

Agir sur le système immunitaire des plantes pour se passer des pesticides. C’est la promesse de pépite française de biotechnologie, Micropep, qui annonce avoir bouclé ce 27 juin un tour de table de série A de 8,75 millions d’euros. Il s’agit de la troisième levée de fonds réussie pour cette deeptech, spin-off du laboratoire de Recherche en Sciences Végétales (CNRS) et de la SATT Toulouse Tech Transfer. En août 2021, la société basée à Toulouse avait en effet levé 8,5 millions d’euros pour porter sa technologie qui  propose d’utiliser des petites protéines - les micropeptides - pour la protection des végétaux.

« Les micropeptides sont des composées d’une dizaine d’acides aminés. Elles permettent de réguler la quantité des micro-ARN au sein de la plante, avec une forte spécificité », explique Thomas Laurent, fondateur de la start-up. Ces micro-ARN sont de petits brins d'ARN non codants qui ont un rôle de régulation de l'expression de gènes impliqués dans des processus cruciaux pour les végétaux. « Nous identifions les micropeptides les plus à même de répondre à des besoins spécifiques sur le terrain », poursuit le dirigeant.

Booster les défenses naturelles des plantes

La société travaille ainsi à trouver une solution à un casse-tête pour les agriculteurs du sud des Etats-Unis : la prolifération de l’amarante de Palmer. Cette mauvaise herbe, qui prolifère ces dernières années, a acquis une résistance à des herbicides comme le glyphosate.

« Nous sélectionnons les micropeptides capables d’augmenter les défenses naturelles des végétaux contre certains pathogènes », soulignent Thomas Laurent. Pour le chercheur - et jeune entrepreneur – la révolution des micropeptides dans l’agriculture est à comparer avec celle de l’ARN Messager dans le domaine de la santé.

Outre la protection contre les parasites, ces petites protéines peuvent, en modulant l’expression des gènes de la plante, également favoriser sa croissance ou en changer certaines propriétés, comme le besoin en eau ou la résistance thermique. Cependant, « ces plantes ne sont pas considérées comme des OGM, car le génome n’est pas modifié », pointe Thomas Laurent.

Un premier produit en 2025

La société vise dans un premier temps le marché américain, où la procédure d’homologation est plus rapide qu’en Europe. Elle compte toutefois proposer sa solution sur le vieux continent dans les prochaines années, notamment en fournissant des micropeptides pour lutter contre l’ivraie, une mauvaise herbe nuisible aux céréales. Micropep espère pouvoir commercialiser un premier produit à l’horizon 2025-2026.

Ce nouveau tour de table permettra à la société de renforcer ses installations toulousaines. Elle se dotera prochainement de fermenteurs de plus grande dimension pour bioproduire des peptides à partir de bactéries. De quoi mettre en place une étape de production plus efficiente. Elle viendra compléter sa plateforme de phénotypages et de biologie computationnelle.

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