Expérimenter des bio-processeurs à distance : c’est désormais possible grâce à la « neuroplateforme » de Finalspark

Spécialisée dans la bio-informatique, la deeptech suisse Finalspark a lancé mi-mai 2024 la « neuroplateforme », qui fournit à la recherche académique et aux industriels un accès distant à des bio-processeurs, formés d’organoïdes de cerveau humain.

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Les deux cofondateurs de Finalspark : Frédéric Jordan (à gauche) et Martin Kutter (à droite). Au premier plan, sur l'écran, un aperçu de quatre bio-processeurs.

La bio-informatique et les réseaux de neurones biologiques promus par Finalspark se sont dotés depuis mi-mai d’une vitrine censée accélérer la R&D dans ce domaine émergent : la « neuroplateforme », donnant la possibilité aux universités, aux laboratoires et mêmes aux industriels de conduire des expériences à distance sur 16 bio-processeurs – des organoïdes de cerveau humain – que la deeptech suisse « cultive » in vitro dans ses locaux, à proximité de Lausanne. Une première mondiale, à en croire le communiqué officiel.

En vérité, les bio-processeurs de Finalspark, qui traiteraient l’information en consommant un million de fois moins d’énergie que les puces numériques actuelles, sont à disposition des chercheurs depuis plusieurs mois. Mais la demande croissante a incité la deeptech à formaliser la plateforme… et à la monétiser. Les universités peuvent ainsi souscrire un abonnement mensuel de 500 € pour obtenir un accès partagé à quatre organoïdes.

D’après la deeptech, 36 universités ont manifesté un intérêt pour ses bio-processeurs, des agglomérats de quelque 10000 neurones qui mesurent un demi-millimètre chacun. Huit projets ont été sélectionnés pour un usage de la neuroplateforme à titre gracieux.

Un projet de recherche mené par l'université Côte d'Azur

L’un d’entre eux, côté français, mobilise l’Institut Neuromod et le laboratoire Jean-Alexandre Dieudonné, de l’université Côte d’Azur. L’étude porte sur la connectivité des organoïdes cérébraux et la manière dont elle est modifiée par des stimulations électriques.

La neuroplateforme est disponible en mode 24/7. Outre les opérations électrophysiologiques pour stimuler les bio-processeurs et mesurer leurs réactions, les chercheurs peuvent contrôler, via une interface de programmation d’application (API) en langage Python, le système micro-fluidique qui nourrit les neurones et évacuent les déchets, les caméras ainsi que l’éclairage ultra-violet. Ces organoïdes possèdent aujourd’hui une durée de vie de 100 jours, selon Finalspark.

Une offre payante et personnalisée s’adresse également aux industriels, ouvrant l’accès à des organoïdes dédiés. Aucun nom n’est communiqué pour le moment, « mais des discussions sont en cours », assure Ewelina Kurtys, docteur en neurosciences et collaboratrice de Finalspark.

Les aspects matériels et logiciels de cette neuroplateforme sont décrits par le menu dans un article scientifique, paru début mai dans Frontiers in Artificial Intelligence. Une validation par les pairs « importante pour montrer la crédibilité de notre travail », indique Ewelina Kurtys. L’ambition de Finalspark est de livrer un bio-processeur fonctionnel dans le cloud dans les 5 à 10 ans.

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