Les installations de traitement de déchets solides n’ont pas de secret pour l’ensemblier Néos, basé à Beaune (Côte-d’Or) qui conçoit et réalise des centres d’aiguillage et de tri. L’entreprise veut aller plus loin en internalisant de nouvelles étapes de fabrication. «Nous avions besoin de maîtriser les différents éléments liant des machines, donc nous avons commencé à concevoir les automatismes en intégrant un bureau d’étude. On s’est ensuite attaché à développer la partie charpente» détaille Christophe Bernad, président de Néos (46,6 millions d’euros de chiffre d’affaires 2023).
Les éléments relatifs à la transitique, tels que les convoyeurs, continuaient, quant à eux, à reposer sur un sous-traitant polonais. «Nous n’étions pas totalement satisfaits de ce que nous trouvions. Nous avons commencé à concevoir nos propres convoyeurs, mais les sous-traitants avaient déjà leurs solutions et ne voulaient pas fabriquer les nôtres», se souvient le dirigeant.
Néos a passé un nouvelle étape en faisant l’acquisition d’un outil industriel pour assembler les différentes pièces fournies par des partenaires. L’entreprise aux 80 salariés a jeté son dévolu sur une friche industrielle à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), au sud de Beaune. Elle s’y est installée en fin d’année 2022 grâce à un investissement d’environ 1,5 million d’euros. Le processus d’assemblage des convoyeurs s’est accéléré en 2023, non sans créer une certaine tension. «A la base, nous sommes des cols blancs qui faisions des études, de la gestion de projet, du réglage de machine. Nous avons donc appris le métier et débauché un salarié polonais qui nous explique les choses», sourit Christophe Bernad. Désormais, le site produit 70% de la gamme des convoyeurs de Néos, le reste faisant encore appel au savoir-faire polonais. «Notre objectif est de devenir indépendant!» insiste le président de Néos.
Réussir à être compétitif
En 2023, Néos estime garder un surcoût de 10% par rapport à son fournisseur d’Europe de l’Est, mais a compensé cette différence en réduisant les coûts de transport. «Nous progressons. En 2024, nous devrions descendre le surcoût à 3%. Le processus s’optimise et se fiabilise grâce à quelques astuces de conception et à l’automatisation», explique Christophe Bernad qui espère être compétitif par rapport à l’entreprise polonaise d’ici à 2025. Le nouveau site industriel compte 5 salariés, mais espère monter à 20 d’ici 2026, 8 postes étant actuellement ouverts.
Cette stratégie de relocalisation de ses activités en France a sans doute contribué à l’obtention d’un important contrat. «Nous avons gagné un lot à plus de 10millions d’euros pour remettre à neuf le centre de tri de Saône-et-Loire, basé au Creusot.»



