Selon les chiffres du dernier rapport d’avancement de la sécurité énergétique publié le 1er mai par le ministère de l’Economie et de la Protection du climat (BMWK), l’Allemagne est parvenue à réduire sa dépendance au gaz russe de 20% en deux mois. A la mi-avril, les approvisionnements provenaient à 35% de Russie, contre 55% avant le début de la guerre en Ukraine.
A en croire les statistiques de l’Agence fédérale des réseaux, cette diminution tient à l’arrêt quasi-complet des livraisons via le pipeline Yamal, passant par la Pologne, qui était déjà très minoritaire dans la fourniture de gaz, tandis que celles des gazoducs Nord Stream 1 et Net4Gas (par la République tchèque) montrent une légère inflexion. Dans le même temps, le pays dit avoir augmenté ses achats de gaz naturel en provenance de Norvège et des Pays-Bas, ainsi que les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) « de manière significative ». Les chiffres n’ont cependant pas été précisés.
Quatre terminaux GNL au lieu de trois
Pour poursuivre sur cette lancée, le gouvernement fédéral a confirmé la construction de quatre terminaux d’importation de GNL sur ses côtes, et non plus trois comme prévu initialement, pour 2,94 milliards d'euros de subventions publiques. Selon le BMWK, le premier terminal à Wilhelmshaven, dont la construction a démarré fin avril, pourrait être mis en service dès cette année. Le suivant à Brunsbüttel, d'une capacité de huit milliards de mètres cube, le sera en 2023. L’emplacement des deux derniers n’a pas encore été décidé.
Il sera cependant très difficile de se passer complètement de gaz russe avant 2024. En 2021, l'Allemagne a acheté 46 milliards de m3 de gaz à son ancien partenaire. A court terme, le pays a sécurisé pour 2022 un contrat à hauteur de 1 milliard de m3 de GNL avec les Pays-Bas et espère que 7,5 milliards de m3 pourront transiter dès l’hiver prochain par le terminal de Wilhelmshaven. A terme, les quatre terminaux pourront représenter 33 milliards de m3 de gaz liquéfié.

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Des efforts d'économies
L’autre pilier de la politique de réduction de la dépendance aux importations russes repose sur des économies d’énergie demandées aux ménages et aux entreprises, ainsi que sur l’accélération des programmes d’isolation des bâtiments et de conversion des chauffages collectifs en pompes à chaleur. Ces mesures pourraient représenter une baisse de 30% de la part du gaz russe dans la consommation allemande d’ici à la fin de l’année. « Toutes ces étapes exigent un énorme effort commun de la part de tous, a reconnu Robert Habeck, le ministre de l'Économie et de la protection du climat (Verts). Elles impliquent également des augmentations de coûts ressenties aussi bien par les entreprises que par les consommateurs ».
Déjà durement touchées par les conséquences de la guerre en Ukraine sur les chaînes d’approvisionnement, les petites entreprises sont très exposées aux hausses des prix de l’énergie. C’est pourquoi Robert Habeck leur a promis que des crédits spéciaux de la banque publique KfW seraient mis en place dès cette semaine, ainsi que des subventions fédérales, sans en préciser la teneur. Il estime que 4 000 PME pourraient y faire appel.



