Comment Colas a suivi la reprise de la demande en matériaux de construction

Faute de demande, Colas avait arrêté ses sites de matériaux de construction au début du confinement. L’entreprise a suivi la reprise progressive des chantiers, mais doit gérer les surcoûts engendrés par le protocole sanitaire.

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Tractopelle - Colas Matériaux
Les véhicules doivent être désinfectés entre chaque passage.

A la date du 29 juin dernier, 79 % des chantiers étaient en activité normale et 17 % en activité ralentie ou fortement ralentie, estime la Fédération française du bâtiment. Des lieux de travaux qu’il convient de fournir en matériaux. Connue pour les routes ou les infrastructures ferroviaires, Colas, filiale du groupe Bouygues, produit, distribue et recycle des matériaux de construction (2,4 milliards d'euros de ventes à tiers en 2019). L’entreprise compte environ 300 sites et 3 000 personnes dédiés en France.

Sur l’ensemble de ceux-ci, l’activité a repris. Au mois d’avril, le redémarrage des sites s’est effectué à hauteur de 30 % puis entre 30 % et 40% entre la mi-avril et début mai, une fourchette comprise entre 60 % et 70 % d’activité en mai, avant de monter en puissance pour d’atteindre un taux avoisinant les 100 % à la fin juin.

Une reprise de la demande plus lente sur le béton

"Dès la mi-mars, la demande a chuté très rapidement et nous avons redémarré globalement mi-avril. Le redémarrage a été assez long, nous étions prêts mais les clients un peu moins, notamment sur le béton. Dans le bâtiment, la co-activité est présente en permanence", indique Bruno Huvelin, directeur matériaux de Colas France et membre des bureaux de l’Union nationale des producteurs de granulats et du Syndicat de producteurs de béton prêt à l’emploi.

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La publication des guides sanitaires pour la continuité des activités de construction, courant avril, a permis d’accélérer la reprise des chantiers. Colas avait préalablement fermé ses sites industriels de matériaux les jours suivants l’annonce du confinement.

Comme toutes les entreprises, Colas a dû appliquer de nouvelles mesures de prévention. "Nous n’avons pas tout à fait la même productivité qu’auparavant", concède Bruno Huvelin. Dans les carrières et les centrales à béton, des sens uniques ont été mis en place. Pour les opérations de maintenance, en cas de manipulations à plusieurs personnes, des plans de sécurité spécifiques ont été établis. La part de bulletins de livraison dématérialisés a été augmentée. Les cabines des camions sont désinfectées entre le passage de chaque chauffeur.

Des surcoûts difficiles à répercuter

Bruno Huvelin estime le coût des différentes mesures au-delà des 10 à 15 centimes d’euros par tonne de granulats, ou d’environ 30 centimes du mètre cube. "Nos clients eux-mêmes ont des surcoûts qu’ils ont du mal à faire passer à leurs clients, donc la facturation de nos surcoûts dépend de nos contrats et de la sensibilité de nos clients. L’important est de participer à la lutte contre la propagation du virus", explique le responsable.

Dans le bâtiment et les travaux publics, les organisations professionnelles demandent, elles, à l’Etat d’intervenir pour arbitrer sur la répartition de la prise en charge des surcoûts.

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